‹ Chefs-d'Œuvre de peinture au Musée du Louvre ... Ecole italienneChapitre 52 sur 89 · H2 ANDREA DEL SARTO · texte numérisé non relu

H2 ANDREA DEL SARTO

Voulant reconquérir l'amitié du roi, le peintre toscan déploya, dans ces deux ouvrages, toutes les ressources de son admirable talent. Il a représenté dans celui-ci la Charité, sous la forme d'une femme assise, tenant sur ses genoux deux enfants. L'un d'eux est suspendu à son sein et boit avec avidité ; l'autre lui montre, en souriant, un bouquet de noisettes qu'il tient à la main. Un troisième enfant est à ses pieds, la tête appuyée sur le bord de sa draperie ; il paraît plongé dans un profond sommeil.

On admire, dans ce beau tableau, ce grand caractère de dessin ordinaire à l'École florentine. Les draperies sont d'un beau jet, la composition est pleine de noblesse, pleine de cette élégance naturelle et exquise qui caractérise le style de l'artiste, et, bien que la peinture ait souffert, soit du temps, soit des deux rentoilages auxquels elle fut soumise, on reconnaît, dans son auteur, le plus grand coloriste de l'École florentine, à qui Bartolommeo peut seul être comparé.

La mort d'André del Sarto suivit de près l'exécution de la Chanté ; il n'eut pas le temps de l'offrir à François r% et même, bien qu'elle ait été peinte pour ce monarque, elle fut vendue par Lucrèce à un artiste assez médiocre, du nom de Domenico Conti. Ce peintre la revendit plus tard à Nicolo Autinori, qui la possédait encore du temps de Vasari. Sans doute Gio. B. délia Palla finit par l'obtenir, car il est certain que François F' posséda ce tableau, à moins cependant qu'André ait peint plusieurs Chantés et qu'il y ait eu confusion entre ces ouvrages.

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