L'ANTIOPE
(N- 20 du Catalogue.)
Antiope, selon Pausanias, était iille de Nictée, roi de Tlièbes. Sa beauté la rendit fameuse dans toute la Grèce. L'enthousiasme que ses charmes inspirèrent fît supposer qu'un sang royal n'avait pas suffi pour produire un être aussi parfait, et la Fable lui donna pour père le fleuve Asope, dont les eaux arrosaient les terres de Plalée et de Thèbes. Son orgueil était égal à ses attraits. Elle s'abandonna h Famour d'un jeune homme ; mais, pour ennobhr sa faute, elle feignit que cet amant était Jupiter même. Cette fable ne la protégea pas contre la colère de son père Nictée ; elle dut se réfugier à la cour d'Épopée, roi de Sicyone et l'épousa. Nictée fit la guerre au roi de Sicyone et périt avec lui dans un combat. La malheureuse Antiope tomba dans les mains de son oncle Lycus et, en retournant chargée de fers à Thèbes, elle mit au monde deux fils, Zéthus et Amphion, qui plus tard la vengèrent.
C'est la passion fabuleuse de Jupiter pour Antiope que le Corrége a voulu représenter dans ce tableau. Le peintre a supposé que Jupiter a pris la forme d'un satyre pour surprendre Antiope, qu'il l'a trouvée endormie dans la forêt et que, soulevant d'une main indiscrète le voile qui la couvrait, il s'enivre de désirs en contemplant sa beauté. Le peiutre a donné un arc et des flèches à Antiope, soit qu'il la confonde avec la reine des Amazones, la mère d'Hippolyte, soit pour indiquer que la chasse l'a ainsi entraînée dans les bois. L'Amour à ses côtés s'abandonne comme elle aux douceurs du sommeil et repose sur une peau de lion, emblème de l'empire que ce jeune dieu exerce sur le monde.
Antiope, entièrement nue, a l'un de ses bras placé au-dessus de sa tête, l'autre s'appuie nonchalamment sur son arc; rien ne nous échappe des beautés de sa forme divine. 11 est impossible de rendre