GIULIO PIPPI, DIT JULES ROMAIN
Jupiter au milieu de l'Olympe et Plutou au sein des enfers. C'est pour ce dieu cruel, perfide et charmant, que Vulcain fabriqua ces flèches acérées ; aucune armure ne pourra garantir de leurs atteintes.
Un jeune Amour, qu'on aperçoit dans les forges, essaie de rougir lui-même un de ses traits. Cette idée a le double mérite d'expHquer toute l'allégorie et de donner de la profondeur au tableau.
Chacun des enfants montre autant d'esprit et de grâce que de vigueur. Comme celui qui porte le carquois est animé, fier et robuste ! Quelle élégance dans la pose de ce jeune Atlas qui supporte la corbeille de roses ! Pourquoi faut-il qu'un ouvrage aussi agréable ne soit pas exempt de tout défaut ? L'enfant assis par terre n'est pas également beau dans toutes ses parties ; peut-être aussi le seiu de Vénus n'a-t-il pas une beauté parfaite. Nous ne parlerons pas du coloris: ce tableau ne doit être regardé que comme une ébauche.
Il existe plusieurs dessins de cette composition : deux sont au Musée. Le premier a la même dimension que le tableau ; le deuxième, indubitablement de la main de Jules Romain, est un carton plus grand, et les piqûres prouvent qu'il a servi à l'exécution d'un autre tableau. Féhbien connaissait un dessin de ce sujet chez un amateur qu'il ne nomme pas, et qui est probablement un de ceux du Louvre : il l'attribue à Raphaël. Enfin il en existe encore un dans la collection royale en Angleterre; mais sou originalité est au moins douteuse. On a prétendu que cette composition appartenait à Raphaël : il choisit, dit-on, le sujet de la forge de Vulcain pour faire allusion, par un jeu de mots, au nom de son compatriote Antonio Battiferri (qui bat le fer), premier notaire apostolique, qui le fit peindre sur la façade de sa maison, à Rome, par Vincenzo da S. Geminiano. — Quant à nous, nous ne pouvons rien trouver dans cette composition qui rappelle la manière de Raphaël; elle nous semble, au contraire, entièrement conforme au style de Jules Romain.