INTRODUCTION. XIII
bientôt l'école ombrienne. Il peignait avec des teintes plates, une pâte fluide, avec des tons de chair clairs et jaunâtres, des figures d'un sentiment religieux peu accusé, mais naïf et vrai.
De son école était sorti Franco Bolognese (florissait en 1313), qui venait de porter à Bologne les enseignements de son maître. Il peint comme lui, mieux que lui, modelant des madones avec un soin minutieux, dans une peinture à la détrempe, mince comme de l'aquarelle, dans le style timide, délicat, précieux, presque enfantin, de l'école ombrienne. Giotto trouvera parmi les élèves de ce peintre un de ses plus fidèles, de ses plus remarquables disciples.
Jacopo d'Avanzi (florissait en 1377), en effet, le meilleur élève de Franco Bolognese, abandonna bientôt son maître et fut un giottesque dans toute la force du terme. Il montra de l'invention, de la verve, du sentiment, et fut aussi avancé dans la science de son art qu'on pouvait l'être à cette époque. Ses décorations du palais communal de Vérone excitèrent l'admiration deMantegna et sont vraiment, après celles de Giotto, les meilleures fresques du quatorzième siècle.
A Naples comme à Bologne, un certain mouvement se produisait dans la peinture. Tomasode Stefani (né en 1230) s'était inspiré de quelques sculptures antiques qu'on venait de découvrir, pour joindre le sentiment de la vérité à l'ingénuité de la pensée. Il montrait du goiit pour le mouvement et une certaine ordonnance pittoresque. Giotto devait, ici encore, donner à ces efforts un élan plus vif et une direction plus haute. Appelé par le roiBobertà décorer l'égUse de Santa-Chiara, il en couvrit les murs de fresques admirables; et, non content de donner de si hauts exemples aux peintres napolitains, il s'associa l'un d'eux.