‹ Chefs-d'Œuvre de peinture au Musée du Louvre ... Ecole italienneChapitre 8 sur 89 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

du nom de Simone, et lui confia l'apostolat de cet art nouveau qu'on appelait de son nom.

Simone l'enseigna à Gennaro di Cola (1320-1370), qui sut imiter le style de Giotto de façon à tromper un connaisseur. Gennaro le transmit à Stefanone, son élève, qui nous a laissé des pages savantes, pleines d'une simplicité magistrale, et dont le coloris, intact encore à cette heure, montre la vigueur et la transparence d'un tableau à l'huile.

Les traditions du grand novateur devaient, à Naples, survivre à ses œuvres. Dès le quinzième siècle, un certain Barionuovo, administrateur de l'église de Santa-Chiara et dont le nom est, en Italie, synonyme de vandale, fit couvrir d'un badigeon clair les fresques de Giotto, trouvant que leurs couleurs sombres rendaient l'église obscure et mélancolique. Ce fut une perte irréparable. Heureusement on peut encore à Padoue et Assise, dans d'autres peintures murales du maître, admirer, malgré l'altération des chefs-d'œuvre, la hauteur de son génie. On les trouvera fort malaisées à comprendre dans leur allégorisme subtil. Il en est de ces peintures symboliques comme de certains passages de la Divine Comédie dont nous avons perdu la clef.

Florence, dans ce concours des villes d'Italie à fêter le retour des arts à la nature et à la vérité, Florence n'était pas la moins ardente à s'élancer sur les traces de son glorieux enfant. C'est dans la République florentine que son école allait être le plus féconde en œuvres remarquables et e^ disciples illustres. C'est ici que la peinture giottesque allait se conserver avec le plus de pureté, et longtemps sans modifications sensibles : elle avait pris trop d'autorité pour ne pas mériter quelque servilisme.

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