ACTE I, SCENE I
BERNABDO, avec terreur.
N'est-ce pas là le roi?
MARGELLUS, à Horatio.
Parle-lui , tu le peux , un lettré tel que toi !
BERNARDO
Vois donc , Horatio; vois combien il ressemble Au feu roi !
HORATIO, au comble de la ttupeur.
C'est au point que tout nion être en tremble.
BEBNABOO.
Il attend qu'on lui parle.
MABCELLUS, é HoraUo.
A toi de lui parler ; Âtoi!
HOBATIO^au spectre, avec noblesse, après avoir dompté sa première êmotiou.
Qui donc es-tu , pour oser rapp eler De notre grand Hamlet la majesté royale ?
Choisissant de la nuit cette heure sépulcrale , Pourquoi, sous ces traits fiers, du Danemark chéris, Viens-tu te présenter devant nos yeux surpris ? Au nom du Dieu vivant, réponds-moi , je t'adjure !
Le spectre s'éloigne muet et hautain.
MABCELLUS.
Ta parole le blesse à Tégal d*une injure.
BEBNABDO.
Il s'en va dédaigneux.
168 HâMLET.
HORATIO) arec menace, au tpecire.
T'est-îl donc interdit De parler?
Le specire ditparalc.
MARGELLUS.
Disparu ! Sans nous avoir rien dit.
BERNARDO, raillear.
Eh bien! Horatio, que penser de la chose?
L'imagination est-elle seule en cause ?
Te voilà devenu tout pâle et tout tremblant,
HORATIO
On le serait à moins : le fait est accablant,
Et mes yeux, malgré moi, confessent Tévidence.
MARGELLUS.
N*es-lu pas atterré de cette ressemblance ?
HORATIO
A perdre la raison. J'ai reconnu le roi.
Comme à tes traits, mon cher, je te reconnais, toi ; C'est son auguste aspect, sa royale tournure ; La Norwége a senti le poids de cette armure ; Cet œil, de ses éclairs, frappa le Polonais S'enfuyant sur la glace au fond de ses marais.. . C'est étrange !
MARGELLUS.
Déjà, dans la nuit glaciale.
Deux fois nous avions vu sa forme martiale.