‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 104 sur 238 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

BERNABDO, avec terreur.

N'est-ce pas là le roi?

MARGELLUS, à Horatio.

Parle-lui , tu le peux , un lettré tel que toi !

BERNARDO

Vois donc , Horatio; vois combien il ressemble Au feu roi !

HORATIO, au comble de la ttupeur.

C'est au point que tout nion être en tremble.

BEBNABOO.

Il attend qu'on lui parle.

MABCELLUS, é HoraUo.

A toi de lui parler ; Âtoi!

HOBATIO^au spectre, avec noblesse, après avoir dompté sa première êmotiou.

Qui donc es-tu , pour oser rapp eler De notre grand Hamlet la majesté royale ?

Choisissant de la nuit cette heure sépulcrale , Pourquoi, sous ces traits fiers, du Danemark chéris, Viens-tu te présenter devant nos yeux surpris ? Au nom du Dieu vivant, réponds-moi , je t'adjure !

Le spectre s'éloigne muet et hautain.

MABCELLUS.

Ta parole le blesse à Tégal d*une injure.

BEBNABDO.

Il s'en va dédaigneux.

168 HâMLET.

HORATIO) arec menace, au tpecire.

T'est-îl donc interdit De parler?

Le specire ditparalc.

MARGELLUS.

Disparu ! Sans nous avoir rien dit.

BERNARDO, raillear.

Eh bien! Horatio, que penser de la chose?

L'imagination est-elle seule en cause ?

Te voilà devenu tout pâle et tout tremblant,

HORATIO

On le serait à moins : le fait est accablant,

Et mes yeux, malgré moi, confessent Tévidence.

MARGELLUS.

N*es-lu pas atterré de cette ressemblance ?

HORATIO

A perdre la raison. J'ai reconnu le roi.

Comme à tes traits, mon cher, je te reconnais, toi ; C'est son auguste aspect, sa royale tournure ; La Norwége a senti le poids de cette armure ; Cet œil, de ses éclairs, frappa le Polonais S'enfuyant sur la glace au fond de ses marais.. . C'est étrange !

MARGELLUS.

Déjà, dans la nuit glaciale.

Deux fois nous avions vu sa forme martiale.

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