ACTE I, SCENE IV. • fOi
Pourtant, je le suivrai.
HOBATIO.
Ne faites point ceci , Monseigneur.
Et pourquoi? Qu'ai-je à craindre? J*estime Ma vie , en vérité, moins qu'une épingle infime : Pour mon âme immortelle , il n*y peut pas toucher. Il a fait signe encor : laissez-moi l'approcher.
HORATIO
Se jetant au-devRot d'Hamlct.
Arrêtez, monseigneur. II cherche à vous séduire...
Dieu puissant ! s'il allait par degrés vous conduire
Sur ce roc qui surplombe, — entendez-vous les flots
Se briser à sa base en furieux sanglots? —
Et que, revêtaott là quelque autre aspect qui frappe
Sans retour la raison qui déjà vous échappe,
Le spectre... Monseigneur, ne suivez point ses pas!...
Du haut de ce rociier, dès que Tceil plonge en bas,
Le cerveau le plus sûr se sent pris de vertige :
Demeurez avec nous, oh! demeurez, vous dis-je!
Le regard fixe et tani écouler.
Il me fait signe encor.
Au spectre.
Je te suis !
MARCELLUS ET HORATIUS , le taisÎMant.
Sur ma foi,
Monseigneur , c'est folie.
HÂMLET, Tiolent.
Ah ! messieurs, làchez-moi !
HORATIO
Entendez la raison.
HÂMLET.
Non ! c'est ma destinée !
Eh! me croyez-vous donc une âme efféminée?
Dans mes muscles je sens, par un don surhumain, La puissance des nerfs du lion néméen.
Aa spectre , qui de nouveau lui fait signe.
Me voici !
Se débattant aux bras d'Uoratio et de Marccllus.
Làchez-moi, messieurs, ou, par Hercule, Votre sang va couler à ce jeu ridicule.
Les repoussant.
Arrière !
Au spectre, qui se relire leniementà reculons.
Je te suis !
Le spectre et Hamlet sortent.
HORATIO
Il est fou furieux.
MABGELLUS.
Suivons-le. Tout ceci devient fort sérieux.
Le Danemark traverse une crise funeste .
HORATIO
Jetons-nous sur ses pas , et Dieu fasse le reste !
Ils sortent précipitamment.