‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 134 sur 238 · ACTE II, SCKNE H · texte numérisé non relu

ACTE II, SCKNE H

Mon cher Polonîus , à toi le privilège Des messages flatteurs.

POLONIDS, important.

Mais à vous, en tout lieu, Sire, est mon dévoûment, comme est mon âme à Dieu.

ConGdeatiellemenr, plus bas.

Ce n*est pas encor là mon unique nouvelle.

Je vous puis assurer, à moins que ma cervelle N'ait plus la faculté de juger sainement, Que je sais à quoi tient le bouleversement De Tesprit chez Hamlet.

LE ROI

Se peut-il? Parle vite.

POLONIUS

Non. D'un premier devoir souffrez que je m'acquitte Audience d'abord à vos ambassadeurs ; Ma découverte ensuite.

LE ROI

Ah! l'ennui des grandeurs!

Allons, introduis-les.

Polonitis sort.

A la reine, avec troable.

Gertrude ! il croit connaître^ U l'affirme du moins, la seule raison d'être Du désordre mental où ton fils est plongé?

LA REINE 9 doalooreatcmeoi.

Hélas! ce point pour nous n*est-il pas tout jugé? Ses désespoirs sont dus à la mort de son père. Ses fureurs, à Thymen trop hâté de sa mère!

Rentre Poloniut, iotroduisant Vollimand el Cornclius.

LE ROI

Soyez les bienvenus, chers et dignes amis.

Nos liens se sont-ils, grâce à vous, raffermis Avec notre cher frère et voisin de Norwége?

Que nous rapportez-vous?

VOLTIMAND.

Sire , tout un cortège De compliments, de vœux, d'assurances de paix De ses maux et des ans portant le double faix, Le roi ne s'était point ému de ces levées.

Qu'au surplus son neveu ne disait motivées Que contre la Pologne. A peine est-il instruit Par nous du but secret que Fortimbras poursuit « Outré de cette audace et d'une perfidie Que son antique honneur condamne et répudie.

Le roi fait devant lui venir l'écervelé.

Ce dernier sent dès lors son projet dévoilé Et, contraint de subir la volonté royale, Il finit par donner sa parole loyale De respecter les droits de Votre Majesté.

Son oncle, tout joyeux de sa docilité.

Lui fait le don par an de trois mille couronnes, Et lui laisse l'honneur de guider les colonnes

Page 1