ACTE II, SCENE II
Que les gueux sont les corps , et nos ambitieux , Tels que rois ou héros, les ombres de ces gueux. Mais rentrons à la cour : vraiment, je le confesse, L* effort de raisonner répugne à ma paresse.
ROSENGBANTZ ET 6UILDENSTEBN.
Nous VOUS ferons cortège.
Oh ! vous n'en ferez rien.
Vous ne soupçonnez point quel cortège est le mien : Dans ses rangs Dieu me garde, amis, de vous confondre ! . . Mais voyons : franchement, — voudrez-vous me répondre? Qu*étes-vous venus faire ici, dans Elseneur?
BOSENGRA^TZ.
Vous voir; pas autre chose au monde, monseigneur.
Je dirais bien merci ; mais là , sur ma parole ,
Tous mes remerciments vaudraient moins qu'une obole...
Vous me Taflfirmez donc, c'est de votre plein gré
Que vous êtes ici? J'en puis être assuré?
Aucun ordre indirect , aucune adroite instance
Ne vous a fait venir? Parlez en confiance.
Voyons, amis, parlez...
GUILDENSTEBN, embarrastè.
Que vous dire de plus?
HAMLET, avec autorité.
Tout. Pour m'en imposer vos soins sont superflus :
t%t HAMLET.
On vous a demandés : j'en lis la preuve écrite Sur votre front; l'aveu jaillit plus explicite De vos regards troublés qui ne sauraient mentir. Oui ! ce bon roi... la reine a dû vous avertir.
ROSENGBANTZ, troublé.
Mais de quoi , monseigneur?
HAMLET, avec feu.
C'est ce qu'il faut m'apprendre Oh ! par notre amitié fraternelle et si tendre , Au nom plus saint encor de ces engagements Que nous avons scellés de nos jeunes serments. Par tous les souvenirs d'un passé que j'invoque, Ne me déguisez rien : parlez sans équivoque.
Vous a-t-on fait venir? Répondez nettement.
ROSENGBANTZ, bas à Guildensteni.
Que lui dire ?
HAMLET, à part, Tccil fixe sur eux.
Oh ! j'y vois, allez, et clairement.
Haut.
Si vous m'aimez, parlez, parlez sans réticence.
GUILDENSTERN
Eh bien , oui, monseigneur, notre bnisque présence Ici fut commandée.
Alors, je sais pourquoi :
Je préviens vos aveux pour qu'à l'égard du roi ,