ACTE II, SCÈNE II. S5t
Montrant pliuieun comédiens, dont une femme, qai entrent.
Mais j*abrége. Voyez.
Aui acteurs.
A tous la bienvenue , Mes maîtres !
A l'un d'eui.
Enchanté de te voir bien portant.
A un autre.
Oh ! oh ! ce vieil ami ! L*air d'un vrai combattant I Mais tu n'es pas ici pour me chercher querelle , J'imagine , mon cher ? .
A Tact ri ce.';
Et vous, ma toute belle, Par Notre-Dame, jeune et coquette toujours !
Montrant ses pieds chaussés de brqdcquios à hauts talons.
Charmants, ces hauts-talons ' qui prêtent leur secours Pour vous hausser au ciel !... Et cette voix mutine? Pas de fêlure encore à sa cloche argentine?...
A tous.
Vous êtes, je l'ai dit, ici les bienvenus :
En fauconniers français, les plus vaillants connus.
Vite, à présent, en chasse!
Au premier acteur auquel il s*est adressé.
Allons , toi , camarade , Débite le premier quelque belle tirade Qui nous fasse applaudir ton talent vigoureux.
^ chaussures du temps, démesurément hautes, et auxquelles on donnait le nom de choppines.
252 UAMLET.
LE COMÉDIEN
Laquelle j monseigneur ? J'en serai trop heareux.
Voyons. Te souviens-tu d'un drame qu'à la scène
On ne donna, je crois, qu'une ou deux fois à peine ,
Et qui , bien qu'on y vit plus d'un beau mouvement ,
N'eut pas le don de plaire et tomba lourdement ?
On en fit à plaisir une longue critique :
Le sujet, pour les uns, était par trop antique ;
Pour les autres , l'intrigue un pauvre mets sans sel :
« Pastiche sans couleur, sans cachet personnel »,
Disaient ceux-ci. Ceux-là ripostaient : « Œuvre honnête,
u Si l'on veut, mais sortant d'une bien pauvre tête ' ! »
Pourtant un petit groupe , et je vins m'y ranger,
Fut juste pour ce drame , en osant le juger
Bien fait, bien préparé dans ses péripéties
Et conduit de main ferme en toutes ses parties.
Il était un passage, entre autres, que j'aimais,
Mon cher, extrêmement quand tu le déclamais :
Dans le récit d'Énée à Didon , ce passage
Où de Priam il peint l'assassinat sauvage.
En as-tu conservé, dis-moi, le souvenir?
Il semble que ces vers vont tous me revenir...
' Les coinineniateurs sont en désaccord sur la question de savoir si Shakespeare était sincère dans les éloges qu'd fait décerner par Hamlet aux vers déclamés qui vont suivre, et qui, dans ce cas, auraient sans doute fait partie de quelque œuvre dramatique de sa jeunesse, ou bien, si le poète a voulu simplement parodier le style emphatique et boursoufle des tragédies de son époque. Pope et Dryden penchent pour cette dernière opinion.