ACTE I, SCENE III
Pôlirquoi vous vois-je ici vous dresser sous mes pas, Et barrer mon chemin ? Vous ne répondez pas !
Les lorcières disparaissent sons terre , aux lueurs des éclairs et aux éclats de la foudre.
L'obscurité du jour cesse.
BANQUO, troublé.
La terre a ses vapeurs , l'eau ses bulles légères : Gomme elles, ont fondu ces ombres éphémères.
MACBETH, avec terreur.
Sur son aile en passant vient de les emporter Un souffle...
A part.
J'espérais qu'elles allaient rester.
BANQUO
Avons-nous entendu des choses qu'on a dites , Ou bu le suc mortel de ces plantes maudites Qui troublent la raison ?
MACBETH
Vos enfants seront rois !
BANQUO
Roi, vous le serez, vous !
MACBETH, comme hébété.
Cavrdor aussi, je crois?
BANQUO, rêveur.
Elles l'ont dit !
Entrent Rosse et Ançus.
« MACBETH
MACBETH, à part.
Tout en moi, tout s'imprime Du cachet pénétrant de ces réalités.
Oui ! Glamis et Cawdor sont bien deux vérités , Deux flambeaux éclairant le dénoûment suprême Qui m'ouvrira l'accès à la royauté même ! . .. Je ne me sens pas moins dans un cercle infernal. Où vont mes pas troublés? Est-ce au bien? est-ce au mal? Mais si j'incline au mal, d'où vient ma g^loire insigne? Quel est ce nouveau titre et tout ce qu'il m'assigne? Et si je vais au bien, pourquoi sentir mon cœur Bondir et mes cheveux se dresser de terreur?
L'âme a donc plus d'effroi qui concerte le crime , Que la main qui s'apprête à frapper sa victime? Le fantôme du meurtre à peine est dessiné Sous mes yeux, qu'il m'attire éperdu, fasciné : Devant l'œuvre effroyable où son doigt me convie, A la fois je sens fuir ma raison et ma vie !
BANQUO, à Bosse et à Ançus.
Voyez donc , chez Macbeth , quel singulier émoi !
MACBETH , toujours à part.
Si le sort après tout veut me couronner roi ,
Libre à lui! Quel besoin qu'à son aide il m'appelle?
BANQUO, à Rosse et à Angas.
Il a peine à porter sa dignité nouvelle :
Tel, un vêtement neuf gêne les mouvements Et veut un peu d'usage .