SCÈNE PREMIÈRE
Une g^rande g^alerie à Elseneur (la même qu*à l'acte II).
Entrent : le ROI, la REINE, POLONIUS, OPHÉLIE ROSENGRANTZ et GUILDENSTERN.
Ainsi vous avez bien constaté sa démence , Mais rien ne vous a dit comment a pris naissance Ce mal mystérieux , si rapide en son cours Qu'il faut y voir, hélas ! un danger pour ses jours.
ROSENCRANTZ.
Chose étrange, il admet son égarement, sire ; Mais s'il en sent la cause, il ne la veut point dire.
GUILDENSTERN
Tous les efforts qu'on fait pour la lui demander, Avec un art extrême il sait les éluder 3 Et sçfn langage est plein d'une amère ironie Dès qu'on veut trop à fond toucher à sa folie.
264 H A ML ET
LA REINE
Quel accueil vous fit-il?
ROSENCRANTZ.
Uq accueil empressé...
GUILDENSTERN, liuierrompam.
Mais avec quelque chose aussi d'un peu forcé.
ROSENCRANTZ.
Sobre de questions, il mit assez d'aisance A répondre sur tout.
LA REINE
Pour tromper sa souffrance^ Il edt fallu, messieurs, lui parier de plaisii*&.
ROSENCRANTZ.
Nous avons pu, madame, exaucer vos désirs*
Une troupe d'acteurs vient ici de paraître :
Nous savions leur dessein, et pensant que peut-être
Ils seraient pour Hamlet une distraction.
Nous les avons vantés avec intention.
Votre fils s'est montré joyeux de leur présence :
tl leur témoigne à tous beaucoup de bienveillance,
Et semble impatient, à tel point, de les voir
Qu'ils, ont dû s'engager à jouer dès ce soir.
POLONIUS, avec vivacité.
Qien de plus véridique. On nous promet un drame Émouvant. Pour vous. Sire, et puis pour vous, madame, Le prince m'a chargé d'une invitation...