ACTE III, SCENE I
J'entende désormais cette haute raison Détonner comme un luth dont est faussé le son , Et que j*aie à pleurer tant de grâce fleurie Au vent de la démence efFeuillée et flétrie ? Malheur, malheur à moi cpii vis ce qu'autrefois J'ai vu, qui vois, hélas! ce qu'à présent je vois !
Rentrent le roi et Poloniut.
LE ROI, très-agité, avec un rire amer.
L'amom^?..» Non , non ! Tamour n'a rien ici que faire.
Hamlet ne parle pas un langage ordinaire ,
Mais les propos qu'il tient ne sont point ceux d'un fou.
Un funeste dessein, conçu je ne sais où.
Fermente dans sa tête , égare sa pensée ,
Et clairement le pousse à quelque œuvre insensée ;
Il faut y couper court, ce point est résolu,
Et je vais à l'instant donner l'ordre ahsolu
Qu'Hamlet soit éloigoé , qu'il parte sans remise
Pour l'Angleterre. Elle est, au surplus, peu soumise.
Négligente à payer le tribut convenu ' :
Il y rétablira notre droit méconnu.
Après cela, la mer, Timprévu du voyage
Et les distractions que recherche son âge,
Réussiront peut-être à le guérir d'un mal
Qui prend de jour en jour un aspect plus fatal.
Et par lequel ici son âme est obsédée
Jusqu'à l'en rendre fou... Que dis-tu de l'idée?
POLONIUS
Fort sage assurément. Mais, malgré tout, je crois ,
> La tuprëmatie danoite, en Angleterre, tubsista jusqu'en 1041.
Et j*oserais jurer, Sire, encore une fois, Qu*un ^mour méconnu cause seul sa démence.
A Ophi^iie.
Ne parle pas , ma fille ; il est sans importance De répéter au roi ce que t'a dit Hamlet.
Nous sommes bien fixés tous deux à ce sujet.
Ao roi.
Que votre volonté, Sire, soit accomplie; Mais veuillez ordonner d'abord, je vous supplie , Que la reine interroge Hamlet sur son chagrin, Sitôt que le spectacle aura, ce soir, pris fin. Son double privilège et de reine et de mère L'autorise à tenir un langage sévère ; Caché , j'écouterai cet intime entretien :
Si l'esprit maternel sur le fils ne peut rien , Je m'incline; qu'il parte.
LE BOI
Oui, mais fais diligence :
La démence des grands est la pire démence.
lit torUDt.