‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 160 sur 238 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

Quelque apprenti gâcheur s*étant mis en son lieu^ Seul avait pu bâtir en un jour de débauches De notre humanité ces risibles ébauches.

LE PREMIER COMÉDIEN, souriant.

Nous avons à peu près réformé tout cela.

Tant mieux. Cette réforme, alors, complétez-la. Surtout, que vos bouffons, quand ils feraient moins rire. Ne débitent jamais que ce qu'ils ont à dire.

Leurs indécents lazzi , ces prétendus bons mots , Ont peut-être le don d'égayer quelques sots.

Mais toujours aux dépens de la pièce elle-même, Quand ils n'en causent pas le naufrage suprême.

A toat les comédiens.

J'ai dit. Et maintenant, allez vous préparer.

Les comédiens sortent. Entrent Polooius, Rosencraniz et Guildenslern.

HAMLET, à Polonius.

Mon cher Polonius , pouvons-nous espérer Que le roi voudra bien assister au spectacle?

POLONIUS

Oui, prince, avec la reine.

En ce cas, plus d'obstacle.

Prévenez nos acteurs.

Polonius sort. A Rosencranli et à Guildenslern.

Voulez-vous bien l'aider ?

BOSENGBANTZ ET GUILDENSTEBN, empreuët.

Sans doute.

Sortent Rosencranli et Gaildenstem.

HAMLET^ allant à une porte da fond et appelant.

Horatio !

Entre Horatio.

HORATIO

Vous m'avez fait mander , Monseigneur, et j'accours.

H AMLETy lai prenant les mains avec effusion.

parfait honnête homme !

O vrai sage ! Ces noms sont ceux dont je te nomme, Horatio.

HORATIO

Cher prince ! . . .

Oh ! ce n'est pas au moins , Grois-Ie , pour te flatter. A quoi bon pareils soins Vis-à-vis de qui n'a, comme toi, d'apanage Que la gaité, l'esprit, l'honneur et le courage? Flatter la pauvreté ! Fi donc ! T penses-tu?

Tout autant vaudrait-il honorer la vertu.

Non ! non ! Mais qu'une bouche assouplie aux bassesses Aime à lécher la main qui s'acquitte en largesses, Voilà qui vaut la peine, ami; tu le conçois...

Avec ane gravité afTectueuse.

Dès l'instant où mon cœur sut diriger son choix ,

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