‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 173 sur 238 · ACTE m, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE II

Eh bien! non. A présent je vois une belette,

POLONIUS) regardant de nouveau. *

D'une belette, oui-da, c'est l'absolu portrait.

C'est singulier vraiment ; mais ce nua^^e est fait Tout comme une baleine.

POLOMUS, dans r admiraiioD.

Oh ! la belle baleine !

HAMLET, redescendant en scène. A part.

Et tout cela sans rire et d'une seule haleine ! Il est encor plus fou, ma foi, que je ne suis. '

CoDçëdiant Polonius.

J'irai trouver ma nière. A l'instant je vous suis.

POLONIUS

Je cours l'en informer.

Polonius sort.

HAMLET, à tous.

Que chacun se retire.

Il serre la main à Horatio seul, et il con(*ëdie du geste Guildenslern , Roscncranlz

et les musiciens. Tous sortent.

HAMLET, seul.

J'irai trouver ma mère ! . . . Oh ! c'est fort simple à dire. . .

11 tombe dans une sombre rêverie. H en sort bientôt, en proie à une violente surexcitation.

UAMLET.

CVst riienre où la ina{]^ie est debout dans la nuit ;

C'est rbeure ou les tombeaux s'entre-bàillent sans bruit ;

L'beure où l'enfer s'ajpte et répand sur le inonde

Les maux contagieux nés à son souflBe immonde!...

Ma vengeance est enfin mûre au de(j;ré qu'il faut :

Je boirais maintenant jusqu'à du sang tout chaud,

Et suis prêt à frapper le coup que je médite.

Dût le jour se voiler devant Tœuvre maudite!

Donc, chez ma mère, soit!...

Il fait rcsolAment qiiclrfueii pas, comme pour sortir» puis il s'arrête,

et cédant à ratlendrissemenl :

Non ! mon cœur, contiens-toi ; Quand la nature parle, obéis à sa loi :

Que l'âme d'un Néron , que sa rage assassine N'envahisse jamais cette fière poitrine!

Un poignard dans la voix , mais sans arme à la main , Soyons un juge austère en demeurant humain :

Que ma bouche et mon cœur, ligués en apparence. De la parole à l'acte obsei-vent la distance ; Et que plus mon courroux s'exhale menaçant.

Plus je sente mon bras à frapper impuissant.

Il son.

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