ACTE ni, SCÈNE IV. 3St
N'y manquez pas au moins , vous seriez sans excuse. Quelle reine, étant mère, hésiterait vraiment, Bonne, prudente, sage, à saisir ce moment Pour confier tout bas son secret redoutable A ce reptile humain, à ce roi haïssable? Aucune. En dépit donc des cris de la raison.
Grimpez allègrement au toit de la maison , Emportant avec vous toute la gent ailée Dans la cage ; ouvrez-la, donnez-leur la volée : Puis imitez le singe, et comme lui, le fou!
Olissez-vous dans la cage et rompez-vous le cou.
LA REINE
Aussi vrai que la voix atteste en nous la vie. Cette vie, oh ! pourrait m'être vingt fois ravie Sans que je disse un mot de ce triste entretien.
Je pars pour l'Angleterre, et vous le savez bien*
LA REINE
Je Toubliais. Hélas! oui, c'est chose arrêtée.
Il existe une lettre aussi, bien cachetée, Confiée aux bons soins des deux tendres amis, Serpents tout prêts à mordre, à ma garde commis. Leur mission se nomme un guet-apens infâme :
Je les attends à Foeuvre. Il est doux, sur mon âme, D'attaquer le mineur dans ses ouvrages d*art, Pour le faire sauter par son propre pétard :
J'aurai bien du malheur si ma mine, amorcée En contre-bas du point où la leur est placée , Ne les lance tous deux dans la lune ; et vraiment Ce plan de contre-mine est tout à fait charmant.
Mootrant PoIodiui.
Commençons par cet homme : il faut que je le traîne Et le place avec soin dans la chambre prochaine. Vous, mère, bonne nuit!... J'admire en vérité Le silence discret , la froide dignité Du conseiller si vain et si bavard nag^uère...
Se dingeant vert le corps de Polonius.
Allons , finissons-en !
InTÎtant de la nain la reine à sortir.
Bonsoir encor, ma mère !
La reine sort lentement, ses deux bras suppliants tendus vers Hamlet. Celui-ci se penche etsouléTe le corps de Polonius, comine pour remporter. Le rideau tombe.