‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 186 sur 238 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

Un lieu sûr où le corps se pût vite cacher.

Mais, comme Tor qu'enferme un amas de scorie, Sa sensibilité, tranchant sur sa folie.

Demeure intacte et pure : il pleure amèrement L'acte fatal par lui commis insciemment.

LE ROI

Oh! Gertrude, sortons!... Sitôt que les campagnes Verront les feux du jour descendre des montagnes, Veillons à l'embarquer, à presser son départ. Dieu sait ce qu'il faudra que nous dépensions d'art, De conciliation, d'autorité peut-être, Pour dissiper l'horreur qui d'un tel fait doit naître.

Appelant.

Guildenstern ! Rosencrantz !

Enlrent Rosencrantz et Guildenstern.

Messieurs, un grand malheur M'oblige à me servir de vous dans ma douleur. Polonius n'est plus. Hamlet en sa démence I/a frappé ; mais, gardant l'instinct de la prudence, Du boudoir de sa mère il a traîné le corps En quelque endroit secret : unissez vos efforts Pour trouver le cadavre au lieu qui le recèle. Et faites-le porter sans bruit dans la chapelle. Envers Hamlet lui-même agissez doucement :

Il est surtout à plaindre en cet événement.

Hàtez-vous , je vous prie.

Sortent Roscucranlz et Guildenstern.

Et maintenant, Gertrude.

Avisons à régler tous deux notre attitude.

Je voudrais appeler nos plus zélés amis,

Et leur dire à la fois et le crime commis

Et la punition de ce fou sanguinaire ,

Que dès demain mon ordre exile en Angleterre.

La calomnie , alors, dont le trait empesté

Vole à travers le monde avec la sûreté

Du boulet qui s'enfonce en sifflant dans la cible ,

Ne frappant désormais que Téther insensible,

Respectera nos noms... Mais sortons. Ah! mon cœur

Est plein à déborder de trouble et de terreur.

lli sortent.

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