ACTE IV, SCÈNE I
Un lieu sûr où le corps se pût vite cacher.
Mais, comme Tor qu'enferme un amas de scorie, Sa sensibilité, tranchant sur sa folie.
Demeure intacte et pure : il pleure amèrement L'acte fatal par lui commis insciemment.
LE ROI
Oh! Gertrude, sortons!... Sitôt que les campagnes Verront les feux du jour descendre des montagnes, Veillons à l'embarquer, à presser son départ. Dieu sait ce qu'il faudra que nous dépensions d'art, De conciliation, d'autorité peut-être, Pour dissiper l'horreur qui d'un tel fait doit naître.
Appelant.
Guildenstern ! Rosencrantz !
Enlrent Rosencrantz et Guildenstern.
Messieurs, un grand malheur M'oblige à me servir de vous dans ma douleur. Polonius n'est plus. Hamlet en sa démence I/a frappé ; mais, gardant l'instinct de la prudence, Du boudoir de sa mère il a traîné le corps En quelque endroit secret : unissez vos efforts Pour trouver le cadavre au lieu qui le recèle. Et faites-le porter sans bruit dans la chapelle. Envers Hamlet lui-même agissez doucement :
Il est surtout à plaindre en cet événement.
Hàtez-vous , je vous prie.
Sortent Roscucranlz et Guildenstern.
Et maintenant, Gertrude.
Avisons à régler tous deux notre attitude.
Je voudrais appeler nos plus zélés amis,
Et leur dire à la fois et le crime commis
Et la punition de ce fou sanguinaire ,
Que dès demain mon ordre exile en Angleterre.
La calomnie , alors, dont le trait empesté
Vole à travers le monde avec la sûreté
Du boulet qui s'enfonce en sifflant dans la cible ,
Ne frappant désormais que Téther insensible,
Respectera nos noms... Mais sortons. Ah! mon cœur
Est plein à déborder de trouble et de terreur.
lli sortent.