ACTE IV, SCÈNE V. Zkl
LA REINE, la preoanl dans tes bras.
Chère Ophélie, allons.
OPHÉLIÏ), te dégageant des bras de la reine.
Attention !
Elle chaate.
Blanc comme neig^e, son linceul...
Entre le roi, qai s'arrête, tout saisi, à la Tue d'Ophélie. LA REINE, montrant Ophëlie.
Hélas ! voyez-la , Sire : ah ! quelle affliction !
OPHELIE, reprenant sa chanson .
Brillait de fleurs sans nombre :
Mais il est, lui, dans Tombre, Hélas ! sans amour et tout seul !
LE ROI
Gomment vous trouvez-vous, ma gentille Ophélie?
OPHÉLIE
Mais admirablement, je vous en remercie...
La chouette est, dit-on, fille d*un boulanger ' ; Le croyez-vous ? Pour moi , cela donne à songer : En effet , ce qu*on est, on le sait bien peut-être, Mais nous ne savons point ce que nous pourrons être... Dieu soit à votre table !
LE ROI, A la reine.
Un dicton paternel.
* Suivant une ancienne lég^ende , Notre-Seigneur demanda un jour du pain à une boulang[ère : celle-ci ne lui en ayant offert qu'un morceau dérisoire, il la changea en chouette.
OPH^LIE
N'allez pas de ceci faire un thème éternel :
Mais qu'est-ce , dira-t-on , que cela signifie ? Alors vous répondrez :
Elle chante.
tt Mon amoureux, c'est la Saint Valenlin'.
u Tous les garçons sont debout ce matin :
a Allons , ouvrez k votre Valentine, a Qui vous attend, fraîche, accorte et mutine. »
Vite il passa ses habits des beaux jours; Puis il ouvrit à ses chères amours :
Elle entra là plus chaste encor que belle :
Elle en sortit... O mon Dieu! qu'avait-elle?
LE ROI, flaliant sa fiiataisie.
Eh ! quoi donc, Ophélie?
OPHÉLIE
Patience : attendez la fin de la chanson.
Elle chante.
M Mon doux Jésus ! ô sainte charité ! »
Lui disait-elle : « Ah ! quelle iniquité !
a Tous les g^arçons (ont-ils donc de la sorte ,
u Quand, par malheur, on a franchi leur porte? »
Et puis encor, sans pouvoir s'apaiser :
« N'aviez-vous pas promis de m'épouser? »
Et lui riant : o J*en conviens , ma charmante , u Mais il fallait me g^arder mieux Tamante. »
' Les fiançailles des amoureux avaient lieu autrefois , en Ang^leterre , presque toujours le 14 février, jour de la Saint-Valentin. Nos vieux poètes du quinzième siècle ont chante ce galant usage ; il est tombé en désuétude chez nous , mais les Anglais continuent à fêter la Saint-Valentin,