‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 215 sur 238 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

HOBATIO.

Oui. L'on en fait aussi de peau de veau, dit-on.

Veaux et moutons alors sont tous les imbéciles Qui fondent leur org^ueil sur ces titres fragiles. Parlons au fossoyeur.

Il t'approche» avec Horalio, de la fosse.

Pour qui creuses-tu là Cette tombe ?

PREMIER FOSSOYEUR

Pour moi.

Chantant.

Creusez-moi vite un g[rand trou dans la boue ; C'est ce quMl faut, et qu'on m'y laisse seul.

Pour toi? Gomment cela?

A moins qu'étant dedans, tu n'y fondes sans doute Un titre à ce tombeau?

PREMIER FOSSOYEUR

Vous faites fausse route :

Je prétends Toccuper sans me mettre dedans ' .

* Jeu de mots , que nous nous sommes efforcé de rendre intelligible, tout en le traduisant aussi exactement que possible dans sa trivialité. Nous en trouverons un second un peu plus bas. L'auditoire , au temps de Shakespeare, voulait et goûtait singulièrement ces plaisanteries assaisonnées au gros sel, qui pour nous sont des taches dans Tœuvre immortelle du poète.

Qui crois-tu donc payer de ces mots impudents ?

Montrant la fotte.

Un mort, non un vivant, viendra là, je suppose ?

PREMIER FOSSOYEUR

Je gémis de vous voir si mal prendre la cbose ; Mais je dis, dussiez-vous me taxer de retors. Que me mettre dedans , c'est manquer de dehors.

Et quel homme attends-tu?

PREMIER FOSSOYEUR

Moi? Je n'attends point d*homnie.

Ah ! . . . Quelle femme alors ?

PREMIER FOSSOYEUR

Homme ni femme, en somme.

Qu enterreras-tu donc?

PREMIER FOSSOYEUR

Bah ! quelqu'un qui fut bien Femme de son vivant, mais qui, morte, n'est rien. Paix, du reste, à son âme !

HAMLET, à Horaiio.

Écoute un peu ce drôle ,

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