ACTE Y, SCENE I
Damnation sur toi, dont l'œuvre criminelle A détruit sa raison.
An fottoyeur occupe é combler la fosse.
Non ! non ! n'achève pas !
Oh ! qu'une fois encor je la presse en mes bras 1
Il saule dans la fosse, se jette k corps perdu sur le cercueil d'Ophélie; pois,
se redressant , égaré.
Enterrez, enterrez le vivant et la morte !
Édifiez sur eux un mont géant qui porte Un sommet dépassant en élévation L'Olympe au front d'azur ou le vieux Pélion !
HAMLET, qui, depuis un instant, se débattait aui bras d'Horatio,
s'élançant éperdu.
Qui donc élève ici cette voix désolée ,
Et par ses cris arrête en leur marche réglée
Les astres, auditeurs saisis d'étonnement ?
Place ! Hamlet le Danois commande en ce moment :
Le voici !
U saute dans la fosse.
LAEBTE, le saisissant à la gorge.
Je te tiens ! que l'enfer ait ton âme !
HAMLET, luttant pour se dégager.
Le vœu que tu fais là, sais-tu qu'il est infâme?. . . Lâche-moi, lâche-moi ! Sans être violent Ni haineux, j'ai le corps, tu le vois, tout tremblant, Et chez moi, ce symptôme, il est bon de le craindre ! Prends garde à toi, te dis-je ! Oh ! finis de m'étreindre ! . . .
Horatio et plusieurs des assistants se sont jetés entre Hamlet et Laerte.
dS8 HAMLET.
LE ROI, ëpouTaoté.
Séparez-les !
LA REINE y te tordant les maint de désespoir.
Hamlet ! mon fils !
TOUS
Assez ! assez !
HORATIO
De grâce, Monseigneur, respectez-vous : cessez!
On réussit à séparer les deux adversaires et à les faire sortir de la fosse.
HAMLET , frémissant, et cherchant à se dégager des bras de ceux
qui le contiennent.
Non ! laissez-moi lutter pour Fobjet qui m'oppresse Jusqu'à ce que mes yeux s'éteignent de détresse !
LA REINE
mon fils, quel objet?
Dieu ! comme je l'aimais ! Vingt mille frères, non ! ne parferaient jamais, En additionnant tous leurs amours ensemble , Mon seul amour , à moi !
A Laerte, avec fureur.
Voyons qui des deux tremble , Quelque acte que pour elle il faille exécuter?
LE ROI, basàLaerie.
Il est fou, cher Laerte.