ACTE Y, SCENE I
LA REINE , aa même.
Oh ! veuillez Técouter
Paisiblement.
HAMLET, au même.
A tout ce que tu veux, j'adhère :
Est-ce pleurer? te battre ? ou faire un jeûne austère? Te déchirer le corps? boire TYssel entier' ?
Manger un caïman? je le fais le premier!
Ou ne sais-tu que geindre? et toutes tes bravades, Sont-ce sur un tombeau de grotesques gambades ? Enterre-toi tout vif, je m'enterre avec toi ; Et quant à bavarder de montagnes, ma foi !
Qu'un mont sur nos deux corps après un. mont s'entasse Et qu'à côté l'Ossa semble un point dans l'espace ! Mais si tu dois rugir, je vais rugir aussi.
LA REINE, À rastistaoce.
Sa folie est, hélas ! au fond de tout ceci ;
Mais au bout d'un instant cet emportement tombe :
Puis , patient et doux ainsi que la colombe
Veillant sur ses petits nouvellement éclos ,
On le voit tout à coup rentrer dans le repos.
HAMLET. Pendant que parlait sa mère, il t'est promené de lon^ en large, et peu à peu son agitation s'est calmée. Revenant vers Lacrte et lui tendant la main.
Laerte, votre main. Aucune cause au monde Ne me devrait valoir cette haine profonde :
Le destin a tout fait si nous souffrons ainsi.
I Un bras du Rhin , qui tombe dans le Zuiderzëe.
S'ëloîgnant de Laerte qui ne répond riea.
Mais Hercule perdrait son temps lui-même ici : Il faut qu'un chat miaule et que le chien aboie.
Il sort aTec impécaositë.
LE ROI, à Iloratio.
Courez , et près de lui que sans cesse on vous voie !
Horatio sort.
A Laerte, à part.
Demeurons alliés encor plus fermement ,
Et dès demain poussons Taffaire au dénoûment.
A la reine.
Votre fils a besoin de bien grands soins, Gertrude, Et j'appelle sur lui votre sollicitude.
A part.
U faut à cette fosse un monument vivant !
Puis viendra le repos... Mais d'abord, en avant !
Tous sortent, à Texcepiion du fossoyeur qui s'apprête à combler la foue.