‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 224 sur 238 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

HORATIO

Mais bientôt il saura Timprévu dénoùment De son drame avorté?

hamlet/

Sans doute. Heureusement, J'ai pour moi l'intervalle ; et que pèse une vie? Le temps de compter un... et la voilà ravie !... Mais j'en conviens , je suis sincèrement peiné Dans un moment d'oubli de m'étre abandonné A tant d'emportement vis-à-vis de Laerte.

Sa douleur de la mienne est si bien sœur, que certe Un sentiment profond de respect, de pitié Envers lui vient doubler mon ancienne amitié ; Mais que veux-tu ? Témoin de son extravagance , Je fus pris de vertige et mis comme en démence.

HORATIO

Silence, Monseigneur. Voici quelqu'un, je crois.

Entre Osric, jeune tei^near, eztrayaçaromenc vêtu à U dernière mode,

et rempli d'afféterie.

OSRIG , >e dëcoaTrantà son entrée, et laluant de loin, avec aoe cérémonie

pleine de recherche.

Monseigneur , je venais en fidèle Danois Saluer un retour, qui me...

HAMLET, froidement.

Je vous rends grâce, Monsieur.

S*ëloignant, bas A Horatio.

Horatio , connais-rtu cette face ?

Non, Monseigneur.

Tant mieux. Je t*en fais compliment :

Un tel homme n'est pas à voir intimement.

Il possède j il est vrai , de fort beaux apanages ; L'animal a de plus dans ses gras pâturages Bien d'autres animaux dont il est le seigneur ; A sa table le roi l'accueille avec honneur ; Mais, en somme, ce n est qu'un paon qui fait la roue. Superbement juché sur un grand tas de boue.

OSBIG, poursuivant Hamlct, chapeau en mains, et oe cessant pas de saluer.

Si Votre Altesse avait un instant de loisir.

Je me ferais ici le plus charmant plaisir

De lui parler du roi, dont j'apporte un message.

HAMLET, se retournant vers lui.

Parlez, je suis à vous. Mais faites donc usage De ce chapeau , monsieur : il est pour se couvrir*

OSBIG.

Grand merci. La chaleur m'incommode à souffrir.

HAMLET, vivement.

Il fait très-froid. Le vent du plein nord nous arrive.

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