ACTE V, SCÈNE II
LA REINE j l'afFaitsant, avec un gëmiisemenf, sur elle-même.
Oh!
OSRIC, courant à elle.
La reine est défaillante ! . . .
On entoure la reine. Hamlet et Laerle ont cessé le combat, et s'appuient, chancelants,
sur leurs fleurets.
HOR ATIO 9 s'approchant d'eui, et saisi d'efFroi, en les voyant
l'un et l'autre saignants.
Dieu du ciel ! d'où leur vient cette marque sanglante?. . . Mais tous deux sont blessés !
Saisissant Hamlet dans ie» bras.
Oh! qu'est-ce, Monseigneur?
OSRIG j se précipitant vers Laerle, qui s'affaisse.
Laerte ! qu*avez-vous ? quelle affreuse pâleur ! . . .
LAERTE, tombant dans les bras d'Osric.
Pris à mon propre piège, Osric ! Et d'un grand crime Retourné contre moi, je succombe victime !
HAMLET, faiblement à Horatio.
Qu'avait la reine ?
LE ROI, avec précipitation.
Un simple évanouissement. . • C'est le sang qu'elle a vu... L'émotion...
LA REINE, rassemblant ses dernières énergies et se redreuant.
Il ment !
Non ! non ! ô mon Hamlet chéri ! . . . c'est le breuvage ! . . •
414 HâMLET.
Le breuvage ! ... Je meurs empoisonnée !
Elle retombe morte.
HAMLET j se dëgageanc terrible des bras d'Horatio.
O rage !
Trahison ! infamie ! exécrable dessein 1 Que d*ici nul ne sorte ! il me faut Tassassin !
L A E B T E , parlant avec efFort.
Écoute alors , Hamlet ! . . . Assassiné toi-même ,
Tu vas mourir. . . Cette heure est ton heure suprême ! . . .
Rien ne peut te sauver. . . Le fer démoucheté
Qui, de ma main tombant, dans la tienne est resté. ..
Cette arme d'assassin... sa pointe empoisonnée...
A tous deux... c'est la mort qu'elle nous a donnée!...
Vois ! j'expire à tes pieds... Ta mère !... oh ! j'en fais foi,
Le poison l'a tuée. . . et par lui , lui !.. . le roi !
Il se soulère dans un suprême effort, et sa main menaçante est tendue vers le roi.
HAMLET, bondissant sur le roi.
La pointe empoisonnée ! Alors , venin , opère !
11 plonge son fleuret dans le corps du roi.