‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 234 sur 238 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

HAMLET. Il a jeté le flearet et saiii sur U table la coupe empoisonoëe. D*un geite impërieui, il écarte les conriitans, et se penchant avec fureur sur le roi qui se débat en vain sous son éireinie.

Scélérat sanguinaire ! enfin , tu vas mourir !

Le forçant â boire.

Danois incestueux ! roi félon , fratricide !

Bois , bois ce reste , et dis si ta perle splendide Est au fond?... Suis ma mère!...

Il repousse ▼iolemment le roi, qui tombe mort. Puis il remet machinalement la coupe sur la table, â laquelle il s'appuie livide et défaillant. Horatio vole le soutenir dans ses bras.

L A E R T E , d'une voix mourante.

Il Ta bien mérité !

C'est lui qui prépara ce breuvage empesté...

Hamlet! pardonnons-nous !... Que la mort de mon père.. . Que la mienne à ton âme à jamais soit légère ! . . . Ah ! que ta mort me soit remise aussi par Dieu !

Il meurt. Osric sort, vaincu par l'émotion.

Oui! Dieu nous absoudra... Je vais te suivre... Adieu! Horatio! je meurs...

Se tournant vers le corps de la reioe.

reine trop coupable ! • . .

Ma mère ! . . . Adieu !

S'adrcssant à l'assistance.

Messieurs!... ce drame redoutable...

Dont vous êtes ici les muets spectateurs...

J'aurais voulu... Mais non!... la mort a les rigueurs

D'un farouche recors ... Je ne puis rien vous dire . . . n faut se résigner. . . Horatio ! . . . j'expire ! Toi, toi, fidèle ami... tu vivras pour narrer L'histoire de ma vie... à qui peut Tignorer.

HORATIO , saisissant avec désespoir la conpe empoisonnéa.

Non ! ne l'espérez point. D'un Romain j'aurai l'âme : Je veux de ce poison ma part. Je la réclame !

HAMLET , s'efForçant de lui arracher la conpe des mains.

N'es-tu qu'un homme alors sans force et sans vertu?. .. Remets-moi cette coupe!... Oh! je l'aurai, vois-tu!

11 lai arrache la coape et la jette.

Mais après moi quel nom veux-tu donc qu'on me donne ,

Si, pour tout expliquer, il ne reste personne ?

Horatio !... ton cœur est-il vraiment à moi?...

Pour quelque temps encor du ciel exile-toi...

Vis, oh ! vis, en souffrant pour ma chère mémoire...

Que par toi l'univers apprenne mon histoire !

On entend, au dehors, une marche militaire et des salves de mousquelerie

Rentre Osric.

Quels sont ces bruits guerriers ?

OSRIC.

C'est Fortimbras vainqueur Qui revient. Ces saints sont sans doute en l'honneur Des deux chefs d'ambassade arrivés d'Angleterre.

HAMLET, eipirant, i Horatio.

Tout est fini ! ... je meurs ! ... Le poison délétère

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