‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 29 sur 238 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Une cour intérieure du château d'Inverness, donnant accès dans divers appartements et particulièrement dans ceux qui sont occupés par le roi. Il est nuit. Le temps est très-sombre.

Entrent FLÉANGE et BANQUO.

Un SERVITEUR les précède portant une torche allumée.

BANQUO

Dis-moi Theure, Fléance, et comment est la nuit?

FLÉANGE.

Je crois bien que Thorloge a dû sonner minuit ; Le ciel est très-couvert et la lune se voile.

BANQUO 9 se débarrassaDt de ses armes et les faisant passer à son fils.

Prends ces armes, mon fils.

Regardant le ciel.

C'est vrai. Pas une étoile A la voûte du ciel ne brille en ce moment.

Se parlant â lui-même.

Qu'est-ce donc? Qu'éprouvé-je?. . . Est-ce un pressentiment? Je ne sais quelle va(][ue et sombre inquiétude Assiège mon esprit. Brisé de lassitude ,

40 ^ MACBETH

J'aurais voulu dormir... J'ai peur de me plonger Dans les rêves troublés d'un repos mensonger.

A son fils.

Va , mon fils , il est tard.

Le rappelant.

Rends-moi pourtant mes armes.

Fléance sort. Banquo coogëdie le tenriteur d*un geste.

Qui vient là?

Entre Macbeth, précédé d'un serviteur qui porte un flambeau.

MACBETH

Votre ami.

BANQUO

La nuit a bien des charmes Que vous ne soyez point à cette heure couché. Je sors de chez Duncan. II s'est montré touché De votre noble accueil. Ses volontés expresses Portent qu*à tous vos gens il soit fait des largesses.

Lui offrant un objet.

Voti*e femme , en retour de son empressement , Voudra bien accepter du roi ce diamant.

MACBETH

Des apprêts trop hâtés n'ont pas permis de faire

Ce que voulaient nos cœurs dans leur désir de plaire.

BANQUO

Tout était à souhait... J'ai rêvé, l'autre nuit,

Des trois sinistres sœurs : pour vous, mais c'est fortuit,

De leurs prédictions Tune est réalisée.

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