SCÈNE PREMIÈRE
Une cour intérieure du château d'Inverness, donnant accès dans divers appartements et particulièrement dans ceux qui sont occupés par le roi. Il est nuit. Le temps est très-sombre.
Entrent FLÉANGE et BANQUO.
Un SERVITEUR les précède portant une torche allumée.
BANQUO
Dis-moi Theure, Fléance, et comment est la nuit?
FLÉANGE.
Je crois bien que Thorloge a dû sonner minuit ; Le ciel est très-couvert et la lune se voile.
BANQUO 9 se débarrassaDt de ses armes et les faisant passer à son fils.
Prends ces armes, mon fils.
Regardant le ciel.
C'est vrai. Pas une étoile A la voûte du ciel ne brille en ce moment.
Se parlant â lui-même.
Qu'est-ce donc? Qu'éprouvé-je?. . . Est-ce un pressentiment? Je ne sais quelle va(][ue et sombre inquiétude Assiège mon esprit. Brisé de lassitude ,
40 ^ MACBETH
J'aurais voulu dormir... J'ai peur de me plonger Dans les rêves troublés d'un repos mensonger.
A son fils.
Va , mon fils , il est tard.
Le rappelant.
Rends-moi pourtant mes armes.
Fléance sort. Banquo coogëdie le tenriteur d*un geste.
Qui vient là?
Entre Macbeth, précédé d'un serviteur qui porte un flambeau.
MACBETH
Votre ami.
BANQUO
La nuit a bien des charmes Que vous ne soyez point à cette heure couché. Je sors de chez Duncan. II s'est montré touché De votre noble accueil. Ses volontés expresses Portent qu*à tous vos gens il soit fait des largesses.
Lui offrant un objet.
Voti*e femme , en retour de son empressement , Voudra bien accepter du roi ce diamant.
MACBETH
Des apprêts trop hâtés n'ont pas permis de faire
Ce que voulaient nos cœurs dans leur désir de plaire.
BANQUO
Tout était à souhait... J'ai rêvé, l'autre nuit,
Des trois sinistres sœurs : pour vous, mais c'est fortuit,
De leurs prédictions Tune est réalisée.