‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 30 sur 238 · ACTE II, SCENE 1. U · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE 1. U

MACBETH

Mon Dieu, leur bavardage est loin de ma pensée*. • Pourtant... si vous avez un moment de loisir, D'en causer avec vous j'aurais quelque plaisir*

BANQUO

A votre aise.

MACBETH

Les sœurs traçant nos destinées Les ont , je m'en souviens , Tune à l'autre enchaînées : Avec moi liguez-vous pour seconder le sort. . , Que d'honneurs j'entrevois dans notre étroit accord !

BANQUO, froidement.

A briguer trop d'honpeurs l'Honneur périt peut-être : Or, je veux le mien sauf... Ne faut-il rien promettre Qu'un cœur droit désapprouve? Alors, parlez.

MACBETH, elacial.

Bonsoir.

BANQUO, le regardant fixcmeut.

Que Dieu soit avec vous et vous garde ! Au revoir.

Banquo fort.

MACBETH , au serviteur, le coogëdiaut.

Rentre tout disposer. Que la cloche m'appelle Quand ta maîtresse aura besoin de moi chez elle.

Le serviteur sort.

Nuit profonde. L'oraçc gronde. Des éclairs brillent. Macbeth est seul

Son agitation va croissant.

42 MACBETH

MACBETH , le rrgard fixe, épouvante.

Est-ce bien un poignard qui surgit devant moi , Le manche vers ma main? Il est là : je le voi !... Viens , que je te saisisse ! ... Il reparaît encore ! . . . Instrument meurtrier que mon regard dévore , Flamboyant à la vue , impalpable au toucher, Je te vois... je te sens... je ne peux t'approcher ! N'es-tu donc qu'un poignard forgé par la pensée , Qu'un rêve mensonger de mon âme insensée?

Non ! tu t' offres réel à ma main de bourreau , Gomme ce fer glacé

Tirant un poignard.

que je prends au fourreau; Tu viens armer mon bras dans T attente du crime : A tes pâles lueurs j'irai vers ma victime !...

Son délire augmente.

Mes yeux sont les jouets de tous mes autres sens , Ou seuls les valent tous. Par ces yeux je te sens !... Dieu du ciel ! sur ta lame un sang auguste roule , Et de là sur ma main goutte à goutte découle !...

Aprét nn silence . ayec une joie soudaine.

Non ! non ! Ce n'est qu'un rêve, et ma seule terreur Évoquait à mes yeux des visions d'horreur :

Ce poignard me mentait !

Il reprend d'un ton morne.

La nuit est sur la terre :

Tout au sommeil demande un repos salutaire ; La nature assoupie est comme dans la mort , Mais les songes hideux hantent Thomme qui dort.

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