SCÈNE II
LADY MACBETH, seule.
Ils ont trouvé l'ivresse où j'ai puisé l'audace : Mon sang s'est embrasé dans le vin qui les glace !
Elle écoule.
Ce cri?... c'est le hibou, veilleur de nuit hargneux
U MACBETH
Qui jette à ces dormeurs un bonsoir dédaigneux.
Elle s'avance , et jette un regard ardent dans les appartements du roi.
Il est entré!... Je vois par la porte entrouverte Des chambellans couchés la double masse inerte. Oh! les beaux défenseurs de leur maître qui dort! Mes drogues ont agi... Que leur sommeil est fort! Est-il sûr que la vie en leur corps fonctionne?
MACBETH j de l'intérieur de rapparieineut.
Qui va là ?
LADY MACBETH, prise de terreur.
*Dieu ! quelle est cette voix qui résonne?
S'ils allaient s'éveiller ! Si le plan avorté Déjouait les calculs de ma témérité?... J'avais placé pourtant leurs poignards bien en vue... Il fallait m'en servir ! . . .
Avec un redoublement d'efFroi.
Non ! J'aurais , éperdue , Cru voir dormir mon père en ce vieillard... la nuit!
Macbeth réparait, livide , épouvanté , tenant un poignard sanglant , de chaque main.
Mon mari !
MACBETH y articulant A peine.
Tout est fait!... N'entends-tu pas de bruit?
LADT MACBETH.
Je n'entends que le chant du grillon et la plainte Du hibou... Mais ta voix, frémissante de crainte, C'était bien elle ?