SCÈNE III
Entre UN PORTIER. Il porte un trousseau de clefs à la main. Sa démarche se ressent un peu des libations de la nuit. Le jour se fait. Coups redoublés au dehors.
LE PORTIER
Us y vont bien, ma foi; qu'ils s'en passent l'en vie.
Sans se préoccuper du bruit aux perles extérieures.
Çà ! si je m'érigeais en portier de l'enfer?
Quelle aimable besogne auraient ces clefs de fer !
On frappe toujours.
On frappe. Qui va là?... C'est ce fermier, je pense, Qui , voyant la disette au lieu de l'abondance , S*est pendu ?
Il fait mine d'ouTrir et d'introduire le fermier.
Mon brave homme , ayez plus d'un mouchoir :
Vous allez suer ferme en ce rude chaufFoir.
On frappe encore.
On frappe encore.
II fait mine d'ouTrir et d'introduire un nouveau personnage.
Ah ! bon. Au tour de l'hypocrite Qui jurait blanc et noir et s'imaginait quitte , Le saint homme , en mentant pour la gloire de Dieu !
Mais le diable y voit clair qui Famène en ce lieu. Entrez , maître cafard .
On frappe avec violence, le portier fait encore mine d'ouTrir. Riant â la vue de son personnage imaçinaire.
L'excellente folie!
C'est ce tailleur anglais, un fripon qui s'oublie Jusqu'à vouloir rogner sur le drap plus qu*étroit Que portent nos voisins d'au delà du détroit'. Entrez, malin tailleur, entrez : le feu pétille ; Vous chaufferez vos fers.
On frappe avec colère. Le portier avec humeur.
A la fin Ton m'étrille Avec tout ce tapage. Il n'est pour mes vieux os Dans ce métier d'enfer, je le vois, nul repos : Du diable si je veux être portier du diable !
Se ravinant.
£t pourtant... C'eût été chose bien enviable Que de voir défiler ce cortège de gens Qui prennent tout joyeux les sentiers engageants De la vie , et vont droit en enfer.
Les coups redoublent. Le portier avec colère.
On arrive...
A-t-on jamais frappé de la sorte ! Qui vive ?
11 sort et va ouvrir la grande porte du château. Entrent Macduff et Lenoz, précédés du portier qui les salue jusqu'à terre.
Messieurs, n'oubliez pas le portier.
MACDUFF
Çà , l'ami ,
' Plaisanterie à Tadrcsse des hauts-de-chausses étriqués des Français.