ACTE II, SCÈNE IIÏ. W
MACDUFF
Allons , bien que vraiment Je me sente confus de tant d'empressement.
MACBETH
Ce service est de ceux qu'on est heureux de rendre : Parler ici d'ennui serait mal me comprendre.
Le condaiMQt jusqu'à rentrée des appartetnenit du roi.
Voici la porte : entrez.
MACDUFF
J'obéis en ceci Aux volontés du roi.
MacdoiF pénétre chez le roi. Macbeth revient vers Leuox. Il est pAle et inquiet.
LENOX
Duncan part-il d'ici Aujourd'hui , que l'on sache ?
MACBETH
Oui , c'était sa pensée £n venant.
LENOX
Quelle nuit , que cette nuit passée ! Où nous étions , les toits volaient par grands éclats Aux rafales du vent. Dominant le fracas De la tempête , on dit que des voix inconnues En lugubres accents se parlaient dans les nues. Comme prophétisant au monde épouvanté L'avènement prochain d'une calamité ;
5^f MACBETH.
Et le hibou mêlait , au milieu des ténèbres , Sa discordante note à tous ces bruits funèbres : Quelques-uns même ont cru que la terre tremblait , Semblant prise de fièvre.
MACBETH, sourdement.
Oui , la nuit recelait Bien des terreurs.
LENOX
Je peux à peine encore y croire :
Une semblable nuit n'est pas dans ma mémoire.
MacdufF reparaît. Il est cq proie A la plus TÎoIente agitation. MACDUFF.
Horreur! horreur! horreur! Quel cœur peut concevoir > Quelle langue exprimer ce que je viens de voir?
MACBETH ET LENOX, à la fois.
Que dites-vous ?
MACDUFF
Entrez ! et vous verrez le crime Étaler son chef-d'œuvre ! Oui ! ton temple sublime y Seigneur! est détruit!... Souffle qui Fanimais , Sainte vie ! es-tu donc envolée à jamais ?
Que parlez-vous de vie?
LENOX
Est-ce , ô ciel ! de la vie Du roi ?