ACTE II, SCÈNE III
MACDUFF
Pénétrez là ! Trahison ! Perfidie !
Les Gorgones jamais sous leur masque odieux N'ont d'un pareil spectacle épouvanté les yeux. Ne me demandez pas de parler davantage :
Pour dire un tel forfait il n'est point de langage !
Macbeth et Lenox entrent précipitamment chez le roi.
Au meurtre ! Qu'on s'éveille ! Oh ! sonnez le tocsin ! Debout , Banque ! Debout , Malcolm et Donalbain ! Secouez le sommeil , ce mensonger emblème De la mort ! Accourez voir la mort elle-même , Terrible comme au jour du dernier jugement !
Malcolm ! Banque ! venez , — di'apés lugubrement Gomme si vous sortiez du tombeau redoutable , — Maudire et dénoncer ce meurtre épouvantable !
On accourt de tous côtés. Les cloches du château sont yiolemment a{*itées.
Lady Macbeth parait, affichant un désordre calculé dans êc* Télemeats
et dans sa personne.
LADY MACBETH
Pourquoi tout ce tumulte et ces cris désolés? Que se passe-t-il donc? Au nom du ciel, parlez!
MACDUFF
Vous ne sauriez entendre un tel récit , Madame , Sans en mourir. Fermez vos oreilles de femme !
Entre Banque MacdufF, briiié, tombe en san^jlotant dans ses bras.
Banque ! notre maître est mort assassiné.
LADY MACBETH
Dieu vengeur ! Sous mon toit ! . . .
56 MACBETH
BANQUO, à lady Macbeth.
Où qu on l'eût machinéi L'horreur suivrait partout ce forfait exécrable ! . . . Mais non ! non ! cher Macdufif, ceci Q*est pas croyable ; Rétracte-toi. Dis-nous que ce roi vénéré , Que Duncan n'est point là lâchement massacré !
Reoireat Macbeth et Lenoi.
MACBETH y «'arrêtant sur le seuil de la chambre du roi. D*UD ton solennel et désolé.
Si j'étais mort une heure avant sa mort cruelle , *
On aurait dit ma vie heureuse autant que belle.
Mais désormais mes jours ne sont que vanité :
La gloire, la vertu, l'honneur, la sainteté.
Tout a péri. J'ai bu le vin pur de la vie ;
Dans ma coupe il n'est plus qu'amertume et que lie !
Entrent Malcolm et DoDalbain.
DONALBAIN
Qu'est-il donc arrivé?
31ACBETH.
Quoi ! les plus malheureux Sont les derniers instruits de leur sort désastreux ! La source où votre sang prit naissance est tarie, Et la tige où tous deux vous fleurissiez, flétrie !
MACDUFF
Votre père n'est plus ! Un lâche assassinat...
MALCOLM
Mon père assassiné!... Quel est le scélérat?...