ACTE II, SCÈNE m
LENOX
Dans les deux chambellans, d'après tous les indices, U faut voiries auteurs du crime, ou des complices.
Malcolm et Donalbain demeurent pétrifiés de douleur. BÂNQUO éclatant, les yeux ardemment fiiés sur Macbeth.
Les auteurs de ce meurtre , eux ?
A Leiioi.
Leur complicité , A quels signes a-t-elle à vos yeux éclaté ?
LENOX
Le sang baignait leurs mains et souillait leur visage. J'ai trouvé deux poignards, instruments de leur rage, Cachés sous leur chevet, sans même être essuyés. Leurs regards éperdus, leurs esprits dévoyés. Tout en eux m'a montré, prouvé leur infamie : Comment put-on remettre à leur garde ennemie La sûreté du roi ?
Quel fatal mouvement De les avoir tués dans mon saisissement !
MAGDUFF, indigné.
Vous les avez tués ? Était-ce votre office De vous saisir ainsi des droits de la justice ? Étrange emportement !
MACBETH
Troublé par la douleur , Je n'ai pu maîtriser Félan de ma fureur.
58 MACBETH
Et devais-je, au surplus, m'imposer la prudence, Hésiter, quand j'avais sous mes yeux l'évidence?... Qui de vous , en voyant : là , Duncan étendu ,
— Son noble front glacé , tout son sang répandu , Et dans son flanc royal cette horrible blessilre Qui demande vengeance à toute la nature ; — Ici , ses assassins , livides , pantelants ;
— Pour gaine, des caillots à leurs poignards sanglants; — Qui de vous, pour le roi brûlant de ma tendresse. N'eût senti s'allumer sa fureur vengeresse?
LADY MACBETH, fcignaot de s'évanouir.
Emmenez-moi d'ici ! . . .
MAGDUFF, aux femmes de la suite.
Venez la secourir.
Pendant qu'on cntoare lady Macbeth, Malcolm s'est approché de Donalbain.
MALCOLM, bas à Donalbain.
Entends-les, comme ils sont ardents à discourir,
Et nous qui perdons tout, devons-nous seuls nous taire?
DONALBAIN
Pourquoi parlerions-nous ? Le monstre sanguinaire Nous épie et voudra couronner son forfait ; Pour lui, nous deux vivants, tout n'est pas encor fait. Fuyons, crois-moi : courons cacher au loin nos larmes.
MALCOLM
Pour nous venger ensuite, ô frère, où sont nos armes?