ACTE IV, SCÈNE III. 1J
ROSSE) cherchant à éluder.
Eh bien... en accourant Pour m'acquitter ici d'un ofEce navrant , J'ai su que sur TÉcosse Edward jette une armée : Le bruit en est venu dans Toreille alarmée De Macbeth, qui, dit-on, a mis sur pied les siens.
A Malcolm.
prince! hâtez-vous. Pour conquérir vos biens, Pour chasser le tyran vous n'avez qulà paraître : Les combattants en foule à votre aspect vont naître , Et, pour sauver leurs fils, armant leurs faibles bras , Vous verrez se presser nos mères sur vos pas.
MALCOLM, avec feu.
Qu'elles sèchent leurs pleurs ! L'Angleterre me donne Dix mille hommes de choix pour venger ma couronne ; Sous l'illustre Siward nous marchous au combat : La chrétienté n'a point de plus vaillant soldat.
BOSSE
Ah! faut-il que j'oppose à ces grandes nouvelles Des récits pleins de sang, pleins de larmes cruelles ! Ma bouche aurait voulu ne les faire éclater Qu'en un désert où nul n'eût pu les écouter.
MACDUFF
Dites si l'attentat qui fait votre tristesse Retombe sur un seul, ou bien s'il intéresse La cause générale.
124 MACBETH
ROSSE
Ea un si grand malheur Tous les fils de l'Ecosse ont leur part de douleur ; Mais, hélas ! ... il est vôtre avant tout !
MACDUFF
Parlez vite , Parlez, au nom du ciel !
ROSSE
Ma voix sera maudite Et va vous inspirer une éternelle hoireur.
Épargnez-moi , de grâce !
MACDUFF
Abrégez, j'ai du cœur.
ROSSE, d'une voix entrecoupée de sanglots.
Votre château surpris par une ruse infâme. . .
Oh! Macduff, cher Macduff!... vos enfants... votre femme!...
Non ! ne m'ordonnez pas d'achever ce récit
Pour vous tuer... Assez, assez de deuils! J'ai dit.
MALCOLM
Dieu de miséricorde !
A Macduff qai est demeuré plongé dans un morne abattement.
Ami , levez la tête ; Ne vous renfermez pas dans la douleur muette : Mieux vaudraient les sanglots , seuls faits pour apaiser Le désespoir d un cœur tout près de se briser.