ACTE V, SCÈNE I
LA DAME DE SERVICE
Ses yeux regardent, mais sans voir.
LE MÉDECIN
C'est vrai... Qu'est-ce à présent et que peut-elle avoir A se frotter les mains?
LA DAME DE SERVICE
C'est ainsi d'ordinaire :
L'autre nuit je l'ai vue acharnée à le faire Pendant plus d*un quart d'heure.
LADY MACBETH
Elle fait le geste de se laver tes mains, puis, les contemplant aTce horreur.
Elle ne s'en ira Jamais !
LE MÉDECIN, tirant un calepin.
Écoutons bien : tout ce qu'elle dira, Pour mieux m'en souvenir, ici va trouver place.
LADT MACBETH, en proie à Tépouvante.
Disparais, tache horrible! O Dieu! fais qu'il s'efface. Ce stigmate sanglant !
Elle se lève, éperdue. Elle écoute.
C'est la cloche! Une! Deux!
L'heure est venue... Allons... que TEnfer soit heureux!... Un soldat avoir peur?... Fi de ta défaillance! Qui peut demander compte à la toute-puissance? Tiens! là! Va lui plonger ce poignard dans le flanc!
Poussant un cri désespéré.
Horreur! que ce vieillard avait encor de sang !
132 MACBETH
LE MÉDECIN
Que dit-elle?
LADY MACBETH
Macduif?... Il avait une femme?
Qu'en a-t-on fait?
Regardant ses maios.
Toujours cette souillure infâme Sur mes mains !
Croyant de nouveau parler à Macbclh. D'un ton impératif et hautain.
Ou est homme en de pareils moments.
Contiens-toi. Tu nous perds par tes tressaillements.
Elle tombe anéantie sur un fauteuil.
LE MÉDECIN
Que nous a-t-elle appris? Sortons, sortons, madame; Craignons de pénétrer au fond d'un pai'eil drame.
LÀ DAME DE SERVICE
Elle a déjà parlé plus qu'elle n'aurait dû; Mais qui saura jamais ce que la reine a vu?
LADY MACBETH) se penchant avec désespoir sur ses mains.
L'odeur du sang est là !.. . Vainement l'Arabie M'offrirait ses parfums : pas un qui purifie Une main si petite ! oh ! oh ! oh !
Elle s'affaisse comme niorir.
LE MÉDECIN
Quel soupir!
Mais de pareils remords peuvent-ils s'assoupir?