ACTE I^ SCENE L aoi
Mais, Gusman^ à peu près je vois le train des choses; Et sans que doa Juan m'ait rien dit de cela , Tout franc, je gagerois que Taffaire va là.
Je pourrois me tromper, mais j'ai peine à le croire.
GUSMAXr.
Quoi ! ton maître feroit cette tache à sa gloire ? Il trahiroit Elyire? et d'un crime si bas...
SGANAREI.I.B.
Il est trop jeune encore; il n'oseroit !
GVSMAir.
Hélas!
Ni d'un si lâche tour Tinfamie éternelle, Ni de sa qualité...
SGANARELLE
La raison eu est belle !
Sa qualité ! C'est là ce qui Tarréteroit !
GUSMAN
Tant de vœux...
SGAXrARELLE.
Rien pour lui n'est trop chaud ni trop froid.. Yœux, serments, sans scrupule il met tout en usage.
GUSXAN.
Mais ne songe-t-il pas à Thymen qui l'engage ? Croit-il le pouvoir rompre ?
aoa LE FESTIN DE PIERRE.
Eh! mou pauvre Gusmaii , Tu De sais pas encor quel homme est don Juan.
GUSMAV.
S*il est ce que tu dis, le moyen de coonoître De tous les scélérats le plus grand, le plus traître ? Le moyen de penser qu'après tant de serments, Tant de transports d'amour, d'ardeur, d'empressements , De protestations des plus passionnées.
De larmes , de soupirs, d'assurances données, Il ait réduit Elvire à sortir du couvent, A venir l'épouser; et tout cela, du vent ?
SGAirARBi:.I.E.
Il s'embarrasse peu de pareilles at&ires, Ce sont des tours d'esprit qui lui sont ordinaires , Et si tu connoissois le pèlerin, crois-moi , Tu ferois peu de fond sur le don de sa foi.
Ce n'est pas que je sache avec pleine assurance Que déjà pour Elvire il soit ce que je pense. Pour un dessein secret en ces lieux appelé, Depuis son arrivée il ne m'a point parlé; Mais, par précaution, je puis ici te dire Qu'il n'est devoirs si saints dont il ne s'ose rire; Que c'est un endurci dans la fange plongé,