‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 138 sur 224 · ACTE I, SCÈNE I. ao · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. ao

Uo chieD , un hérétique, un turc, un enragé ; Qu'il n*a ni foi ni loi ; que tout ce qui le tente...

GfTSM AV.

Quoi ! le ciel ni Tenfer n*ont rien qui l'épouvante ?

sga'varbllb.

Bon! parlez-lui du ciel, il- répond d*un souris; Parlez-lui de Tenfer , il met le diable au pis ; Et, parcequ*il est jeune, il croit qu*il est en Age Où la vertu sied moins que le libertinage.

Remontrance, reproche, autant de temps perdu. Il cherche avec ardeur ce qu'il voit défendu ; Et, ne refaisant rien à madame Nature, Il est ce qu'on appelle un pourceau d'Épicure. Ainsi ne me dis point sur sa légèreté Qti'Elvire par Thymen se trouve en sûreté.

C'est peu , par bon contrat , qu'il en ait fait sa femme; Pour en venir à bout, et contenter sa flamme. Avec elle, au besoin, par ce même contrat.

Il auroit épousé toi , son chien , et son chat. C'est un piège qu'il tend par-tout à chaque belle : Paysanne, bourgeoise, et dame, et demoiselle. Tout le charme ; et d'abord , pour leur donner leçon , Un mariage fait lui semble une chanson.

Toujours objets nouveaux, toujours nouvelles flammes;

»o4 LE FESTIN DE PIERRE.

Et si je te disois combien il a de femmes.

Tu serais coDvaÎDcu que ce u'est pas en vain Qu*on le croit Tépouseur de tout le genre humain.

GVSMAir.

Quel abominable homme !

SaA.irA.&ELI.E.

Et plus qu'abominable.

Il se moque de tout, ne craint ni dieu, ni diable ; Et je ne doute point, comme il est sans retour, Qu*il ne soit par la foudre écrasé quelque jour. Il le mérite bien; et s*il te faut tout dire. Depuis qu en le servant je souffre le martyre, J*en ai vu tant d'horreurs , que j'avoue aujourd'hui Qu'il vaudrait mieux cent fois être au diable qu*à lui.

GUSM Air.

Que ne le quittes^tu ?

SGAITARELLE.

Le quitter! comment feire?

Un grand seigneur méchant est une étrange affaire. Vois-tu , si j'avois fui, j'aurais beau me cacher, Jusque dans l'enfer même il viendrait me chercher. La crainte me retient; et, ce qui me désole.

C'est qu'il faut avec lui faire souvent l'idole. Louer ce qu'on déteste ; et, de peur du bâton. Approuver ce qu'il fait, et chanter sur son ton.

, ACTE I, SCENE I. ao5

Je crois dans ce palais le voir qui se promène ; C'est lui. Prends garde, au moins...

GUSMAir.

Ne t*en mets point en peine.

SGAKAKSLLE.

Je t*ai conté sa vie un peu légèrement, C'est à toi là-dessus de te taire; autrement...

GUSM Air, s'en allant.

Ne crains rien.

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