ACTE I, SCÈNE I. ao
Uo chieD , un hérétique, un turc, un enragé ; Qu'il n*a ni foi ni loi ; que tout ce qui le tente...
GfTSM AV.
Quoi ! le ciel ni Tenfer n*ont rien qui l'épouvante ?
sga'varbllb.
Bon! parlez-lui du ciel, il- répond d*un souris; Parlez-lui de Tenfer , il met le diable au pis ; Et, parcequ*il est jeune, il croit qu*il est en Age Où la vertu sied moins que le libertinage.
Remontrance, reproche, autant de temps perdu. Il cherche avec ardeur ce qu'il voit défendu ; Et, ne refaisant rien à madame Nature, Il est ce qu'on appelle un pourceau d'Épicure. Ainsi ne me dis point sur sa légèreté Qti'Elvire par Thymen se trouve en sûreté.
C'est peu , par bon contrat , qu'il en ait fait sa femme; Pour en venir à bout, et contenter sa flamme. Avec elle, au besoin, par ce même contrat.
Il auroit épousé toi , son chien , et son chat. C'est un piège qu'il tend par-tout à chaque belle : Paysanne, bourgeoise, et dame, et demoiselle. Tout le charme ; et d'abord , pour leur donner leçon , Un mariage fait lui semble une chanson.
Toujours objets nouveaux, toujours nouvelles flammes;
»o4 LE FESTIN DE PIERRE.
Et si je te disois combien il a de femmes.
Tu serais coDvaÎDcu que ce u'est pas en vain Qu*on le croit Tépouseur de tout le genre humain.
GVSMAir.
Quel abominable homme !
SaA.irA.&ELI.E.
Et plus qu'abominable.
Il se moque de tout, ne craint ni dieu, ni diable ; Et je ne doute point, comme il est sans retour, Qu*il ne soit par la foudre écrasé quelque jour. Il le mérite bien; et s*il te faut tout dire. Depuis qu en le servant je souffre le martyre, J*en ai vu tant d'horreurs , que j'avoue aujourd'hui Qu'il vaudrait mieux cent fois être au diable qu*à lui.
GUSM Air.
Que ne le quittes^tu ?
SGAITARELLE.
Le quitter! comment feire?
Un grand seigneur méchant est une étrange affaire. Vois-tu , si j'avois fui, j'aurais beau me cacher, Jusque dans l'enfer même il viendrait me chercher. La crainte me retient; et, ce qui me désole.
C'est qu'il faut avec lui faire souvent l'idole. Louer ce qu'on déteste ; et, de peur du bâton. Approuver ce qu'il fait, et chanter sur son ton.
, ACTE I, SCENE I. ao5
Je crois dans ce palais le voir qui se promène ; C'est lui. Prends garde, au moins...
GUSMAir.
Ne t*en mets point en peine.
SGAKAKSLLE.
Je t*ai conté sa vie un peu légèrement, C'est à toi là-dessus de te taire; autrement...
GUSM Air, s'en allant.
Ne crains rien.