‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 18 sur 224 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

AKIANE, NÉRINE.

ZT é R I N E.

Lie roi de ce refus eût eu lieu de se plaindre, Madame; vous devez u^ pioment vous coutraiodre; Et, quoiqu'eii récoutaqt vous ne poissiez douter Que c'est son amour seiil qu'ij vous faut écouter. Votre hymen, dont enfin Theureiu moment s'avance^ Semble vous obliger à cette complaisance.

Il vous perd, et k plainte a de quoi soulager.

Je sais qu'avec le roi j'ai tout à ménager; J'aurois tort de l'aigrir. L'asile qu'il nous prête Coqtre la violence assure ma retraite.

24 ARIAÏfE.

D ailleurs^ tant de respect accompagne ses vœux , <^ae souvent j'ai regret qu'il ne puisse être heureux. Mais quand d'un premier feu Tame tout occupée Ne trouve de douceurs qu'aux Iraits qui Tonlfrappée» C'est un sujet d'ennui qui ne peut s'exprimer. Qu'un amant qu'on néglige, et qui parle d'aimer. Pour m'en rendre la peine à souffrir plus aisée. Taudis que le roi vient, parle-moi de Thésée: Peins- moi bien quel honneur je reçois de sa foi; Peins-moi bien tout l'amour dont il brûle pour moi; Oâre-s-en à mes yeux la plus sensible image.

NÉRXirc.

Je crois que de son cœur vous avez tout l'hommage; Mais au point que de lui je vois vos sens charmés. C'est beaucoup s'il vous aime autant que vonsfaimez.

ARIAZTB.

Et puis-je trop l'aimer, quand , tout brillant de gloire. Mille fameux exploits l'offrent à ma mémoire? De cent monstres par lui l'univers dégagé Se voit, d'un mauvais sang heureusement purgé. Combien ainsi qu'Hercule a-t-il pris de victimes! ' Combien vengé de morts ! combien puni de crimes ! Procruste et Cercyon, la terreur des humains, N'ont-ils pas succombé sous ses vaillantes mains? Ce n'est point le vanter que ce qu'on m'entend dire;

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