‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 181 sur 224 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Don CARLOS, DOH JUAN.

DOXr CAALOS.

Ces voleurs, par leur fuite, ont fait assez connoître Qu*où votre bras se montre on n'ose plus paroitre; Et je ne puis nier qu'à cet heureux secours, Si je respire encor, je ne doive mes jours :

Ainsi, monsieur, souffrez que, pour vous rendre grâce...

DON JUAN

J'ai fait ce que vous-même auriez fait en ma place ;

Et prendre ce parti contre leur lâcheté

Étoit plutôt devoir que générosité.

Mais, d'où vous étes-vous attiré leur poursuite?

DON CARLOS

Je m'étois, par malheur, écarté de ma suite; Ils m'ont rencontré seul, et mon cheval tué A leur infâme audace a fort contribué.

Sans vous, j'étois perdu.

DON JUAN

Vous allez à la ville?

9ga LE FESTIN DE PIERRE.

DOIT CARLOS

Non ; certains intérêts...

Vous peut-on être utile ?

DOIT- CA.BLOS.

Cette o£fre met le comble à ce que je vous doi. Une affaire d'honneur, très sensible pour moi, M*obUge dans ces lieux à tenir la campagne.

DOH JUAXr.

Je suis à vous; souffrez que je vous accompagne. Mais pui»-je demander, sans me rendre indiscret. Quel outrage reçu...

DON CARLOS

Ce n*est plus un secret ; Et je ne dois songer, dans le bruit de Toffenae, Qu'à faire promptement éclater ma vengeance.

Une sœur, qu'au couvent j'avois feit élever.

Depuis quatre ou cinq jours s*est laissée enlever. Un don Juan Giron est Tauteur de Tinjure :

Il a pris cette route; au moins on m*en assure, Et je viens Yj chercher, sur ce que j*en ai su.

DOR JVAXr.

Et le connoissez-vous ?

DON CARLOS

Je ne Tai jamais vu ,

Page 1