ACTE III, SCÈNE VI. a
Mais j'amène avec moi des geus qui le connoissent; Et par ses actions, telles qu'elles paroissent, Je crois, sans passion, qu^il peut être permis...
DOH JUAN.
N*en dites point de mal , il est de mes amis.
DOIT CARLOS
Après un tel aveu , j*aurois tort d*en rien dire ; Mais lorsque mon honneur a la vengeance aspire , Malgré cette amitié, j'ose espérer de vous...
DOIT JUAN
Je sais ce que se doit un si juste conrroux ; Et , pour vous épargner des peines inutiles, Quels que soient vos desseins, je les rendrai faciles. Si d'aimer don Juan je ne puis m'empêcher.
C'est sans avoir servi jamais à le cacher :
D*un enlèvement fait avecque trop d*audace, Vous demandez raison, il faut qu'il vous la fasse.
DON CARLOS
Et comment me la faire?
DON JUAN
n est homme de cœur:
Vous pouvez là-dessus consulter votre honneur; Pour se battre avec vous, quand vous aurez su prendre Le lieu, Theure et le jour, il viendra vous attendre. Vous répondre de lui, c'est vous en dire assez.
DON CARLOS
Cette assaranoe est douce à des cœur& ofiensés; Mais je vous avouerai que, vous devant la vie , Je ne puis, sans douleur, tous voir de la partie.
DOIT JUAN
Une telle amitié nous a joints jusqu'ici.
Que, s'il se bat, il faut que je me batte aussi : Notre union le veut
DON CARIiOS.
Et c'est dont je soupire.
Faut-il , quand je vous dois le jour que je respire , Que j*aie à me venger, et qu'il vous soit permis D'aimer le plus mortel de tous mes ennemis ?