‹ Chefs-d'œuvre de Thomas Corneille: précédés de son éloge historiqueChapitre 4 sur 224 · VIII ELOGE · texte numérisé non relu

VIII ELOGE

les changements arrivés dans la langue depuis qae ces remarques a voient été faites.

L'ouvrage parut en a vol. î>i- la , au commencement de Tannée 1687 ; et M. Corneille , qui jusque-là n*avoit peut-être passé que pour poëte , fut bientôt reconnu pour un excellent grammairien. On admire sur-tout comment un homme qui s'étoit exercé toute sa vie sur des sujets pompeux on amusants, et qui les avoit toujours traités avec une certaine facilité qui faisoit le principal caractère de son esprit, étoit entré tout d*un coup, et avec tant de précision, dans ce détail épineux de particules et de constructions, qae Ton peut en quelque sorte appeler Tanatomie du langage.

Le succès de cette entreprise le conduisit à quel' que chose de plus grand. L'Académie françoise faisoit imprimer son Dictionnaire , on elle n*avoit pas jugé à propos de rapporter les termes des arts et des sciences, qui, quoique plus ignorés que les simples termes de la langue , demandoient au fond une discussion qui étoit moins de son objet. M. Corneille se chargea d*en faire un Dictionnaire particulier, en manière de supplément, et y travailla avec une telle assiduité, quUl parut en 1694, en même temps que celui de TAcadémie, quoiqu'il

DE THOMAS CORNEILLE. ix

fat de même en a toI. in-fol. Le public les a reças avec nne égale reconnoiasance; et, les mettant tonjours à la suite Tun de Vautre , il s*expliqne assez en fayenr de M. Corneille , pour nous dispenser d'en dire davantage.

Trois ans après, c'est-à-dire en. 1697 , il donna une traduction en vers des quinze livres des Méiamorpkoses , dont il n'avoit autrefois publié que les six premiers. De tous les ouvrages qui nous restent des anciens poètes , il n*y en a point dont la matière soit plus diversifiée , et dont Futilité soit plus connue : aussi presque tontes les nations se sont empressées à le traduire : les Grecs même n'ont pas dédaigné de le mettre en vers dans leur langue. Bifais Ovide, qui s'arrête volontiers sur les endroits de la fable qui présentent des images riantes à la poésie, passe légèrement sur beaucoup de circonstances que personne peut-être n'ignoroit de son temps, et que très peu de gens savent anjourdliuî.

M. Corneille y a suppléé par le commentaire du monde le plus ingénieux; il a inséré dans ces sortes d'endroits quelques yen surnuméraires, qui répandant un nouveau jour sur la &ble , en continuent si bien le sens , qu'on a peine à s'apercevoir qu'ils y soient ajoutés. C'est là le premier avan-

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