ACTE IV, SCÈNE III
Me le fera venger aussitôt que punir.
Non, non ; un sort trop doux suivroit sa perfidie, Si mes ressentiments se bomoient à sa vie.
Portons, portons plus loin l'ardeur de Taccabler , Et donnons, s*il se peut, aux ingrats à trembler. Tous figurez- vous bien son désespoir extrême. Quand, dégouttante encor du sang de ce qu^il aime, Ma main, offerte au roi dans ce fatal instant, Bravera jusqu'au bout la douleur qui l'attend ? C'est en vain de son cœur qu'il croit m'avoir chassée : Je n'y suis pas peut-être encor tout effacée ; Et ce sera de quoi mieux combler son ennui , Que de vivre à ses yeux pour un autre que lui.
PHEDRE
Mais pour aimer le roi vous sentez-vous dans l'ame...
Et le moyen , ma sœur, qu'un autre objet m'enflamme? Jamais , soit qu'on se trompe ou réussisse au choix , Les fortes passions ne touchent qu'une fois : Ainsi l'hymen du roi me tiendra lieu de peine. Mais je dois à mon cœur cette cruelle gêne:
C'est lui qui m'a fait prendre un trop indigue amour. Il m'a trahie : il faut le trahir à mon tour. Oui, je le punirai de n'avoir pu connoitre Qu'en parlant pour Thésée il parloit pour un traître ,
D'avoir... Mais le voici. CoDtraignon»-iiOus si bien ,
Que de mon artifice il ne soupçonne rien.