‹ Chefs-d'œuvreChapitre 24 sur 74 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

MOxNSIEUR HARDOUIN, UN LAQUAIS MONSIEUR HARDOUIN

Non, je crois que le ciel, la terre et les enfers ont comploté contre cette pièce... Les obstacles se succèdent sans relâche- Un pï-ocès à terminer, une pension à solliciter, une mère à mettre à la raison, et puis arranger des scènes au milieu de tout cela... Cela ne se peut... Ma tète n'y est plus... (// se jette dans un fauteuil. Au laquais.) Eh bien! qu'est-ce ? encore quelqu'un ?

LE LAQUAIS Pour celui-ci, je ne sais ce qu'il est. Il est entré brusquement. Je lui demande ce qu'il veut ; point de réponse. Je le tire par la manche, il me regarde et continue à se promener. Il a l'œil un peu hagard, il se parle à lui-même, il fait des éclats de rire. Du reste, il est très poli. Si ce n'est pas un fou, c'est un poète.

MONSIEUR HARDOUIN

Je n'y tiens plus. En dépit de votre prédiction, monsieur des Renardeaux, vous me verrez à Gisors.

LE LAQUAIS

Entrera-t-il ?

MONSIEUR HARDOUIN

Si c'était quelque jeune auteur qui eût besoin d'un conseil et qui vînt le chercher de la porte Saint-Jacques ou de Picpus ; un homme de génie qui manquât de pain, car cela peut arriver. Hardouin, rappelle-toi le temps où tu habitais le faubourg Saint-Médard et où tu regrettais une pièce de vingt-quatre sous et une matinée perdue... Qu'il entre.

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