‹ Chefs-d'œuvre des arts industrielsChapitre 10 sur 29 · MO · texte numérisé non relu

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l'alulier. ('ii mua leur avait mini à grand’peine une collection très-variée de ces types, dignes d'entrer dans tous les musées cl qui font singulièrement pâlir les majoliques : lorsqu'il s’en est séparé l'hiver dernier, une simple assiette, pâte coquille d’ieuf, à sujet de la famille rose, a dépassé 1,200 francs eu vente publique.

Il ne faut pas s’y tromper, toute la valeur de ces produits est dans le sentiment du décor : les pâtes européennes, celles de Sèvres, celles de Million, sont plus homogènes et plus blanches; on coule à Sèvres des tasses à café minces comme une feuille de papier à lettre. La plupart des pièces orientales laissent voir dans lu |iàle des taches et des imperfections ; mais combien cette irrégularité est plus vivante que la perfection des produits européens!

On a tenté en France d’imiter les cornets et les vases à décor elirysanthémopéonicn, c’est-à-dire où dominent les chrysanthèmes et les pivoines. La mise en scène pour les faire passer pour originaux est assez ingénieuse pour que nous la dévoilions. Ces pièces sont fabriquées en masse à Paris, expédiées au Havre, débarquées eu Hollande par des vaisseaux qui les prennent au passage au retour des mers de l’Inde; elles sont mises en vente en Belgique et à Paris avec garantie d’origine. Certes, le fabricant a sa bonne foi sauve, mais il puurrail au moins rendre la tromperie plus difficile en imprimant son timbre sur la pâte. Ces faux ne ressemblent ] k> i i l 1 aux ladies pièces, mais peuvent assez facilement se confondre avec la marchandise de second ordre. Cependant la pâle est bise cl terne; le petit trait rouge qui circonscrit les oiseaux ou les Heurs est sec; les fleurs sont fades et les ors sont mal appliqués. Ces contrefaçons, curieuses au point de vue purement industriel, ont

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hiitvl.ii ni* du Jn|niii,

PORCELAINE

le lorl grave île pervertir le goût public en lui faisant admirer de confiance des redites sans accent au détriment de nos produits nationaux.

Avant de quitter ces contrées qui virent inventer une des plus précieuses substances que l’homme puisse revendiquer, et, comme cela arrive presque toujours en pareil cas, l'ont vue arriver à sa plus haute perfection, expliquons ce qu’on entendait au dix-huitième siècle par « porcelaine des Indes, » et ce que l’on entend encore par ces mots « porcelaines de la Compagnie des Indes. » Celles-ci, la Compagnie des Indes les commande par cargaisons à des intermédiaires qui, deieddo, capitale du Nipon, distribuent l'ouvrage à de petits fabricants. C’est ce que le commerce français appelle proprement « la camelotte, » car les lois fatales de la concurrence, de la diffusion inutile, du bon marché quand même, promènent par tout le monde leurs exigences tyranniques et amènent partout l'abaissement du goût, surtout dans le sentiment de l’invention. Jusqu’à ce moment on pouvait croire que le Japon avait échappe à la répétition du travail. En Chine, elle est poussée au dernier point : chaque ouvrier ne fait pendant le cours de sa vie que des vêtements, ou des chairs, ou des arbres, ou des nuages, et c’est une loi d’imitation et de respect strict pour les types anciens dont on retrouve la trace dans leur poésie moderne, presque toute d’allusions ou de pastiches. Les Japonais ont incontestablement l'imagination plus vive et la main plus preste; mais qu’arrive-t-il maintenant lorsque le capitaine de vaisseau commande dix mille vases du modèle n* 12 et quinze mille services de table du modèle n" 25 ! Le tout livrable dans le plus bref délai et au plus lias

CHEFS-lt’ŒIJVRB UES ARTS INDUSTRIELS.

prix! I,r .lapon moderne no fa Inique plus que des décors hâtifs ni la Chine que des imitations trompeuses.

La porcelaine dos Indes du dix-huitième siècle était aussi une porcelaine de commande européenne exécutée au Japon, et, ce qu’il y a de plus singulier, c’est que nous fournissions le plus ordinairement les modèles. La pâte de la cuvette en forme de («quille et de l’aiguière en forme de casque que nous avons fait reproduire est d’un ton bleuâtre, presque comme l’entpoix ries repasseuses, et le décor bleu est très-fondu. On sait encore que par l’intermédiaire des Hollandais et dos pères jésuites, on faisait décorer à ses armes et à ses devises les services de laide ou de toilette, [rendant le dix-septième et le dix-huitième siècle. On porta également aux Chinois et aux .hqtonais des gravures d'après Wattcau ou Chardin ou des maîtres allemands tels que Nilson ; et ils exécutèrent du [rinceau le plus grotesque les Oies du père Philippe, lllistoire de Télémaque et de Calypso , VEiifant prodigue,, etc. Rien n’est plus triste.

On ignore1 de quelle époque date l’introduction en Europe des porcelaines orientales. On s’accorde à peu près [tour les reconnaître dans ces vases murrhins — qui passionnaient les riches Romains à ce point que Néron en [rayait un trois cents talents, — quoique le texte de Pline, qui, au milieu de tant de renseignements précieux a glissé tant (h1 contes de lionnes femmes, puisse désigner une matière différente. Pour nous, il n’est point douteux que la céramique grecque ne se soit inspirée de la céramique orientale, persane, ou indienne, ou chinoise. Ainsi, ce petit ornement courant en forme de frise, et qu’on appelle proprement « une grec-

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