‹ Chefs-d'œuvre des arts industrielsChapitre 9 sur 29 · H CK LA I N K · texte numérisé non relu

H CK LA I N K

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et moqueur, pour y retrouver les sujets qui avaient séduit leurs pères : qui n’a vu ees lasses à thé ou à cau-dc-vio, avec le présentoir et le couvercle, sur lesquels se rengorge un joli coq paltu? Et ees plats d’une porcelaine si line et si transparente qu’on l’appelle « coquille d'uuif, » dans un coin (lesquels, en horreur de celle niaise symétrie qui séduit l’Européen, l’artiste a posé sur une branche de pécher épanouie, une mésange poursuivant une chenille ou un moineau penché guettant un papillon?

Nous n’en excepterons que les scènes tirées des romans chinois et des pièces de comédies bien connues : des amazones caracolant dans la cour du {valais, sur des chevaux teints en rouge ou en rose, et ces jeunes mères de famille qui rêvent, en se polissant les ongles, tandis que leurs enfants se roulent à leurs pieds ou s'embarrassent dans leur jupe.

La galanterie décente, qui joue un rôle considérable au Jupon où les femmes sont moins étroitement tenues, n'eut qu’un moment en Chine, vers l’an 500 de notre ère. C’est alors qu’un de leurs portes peignait ce portrait exquis : «Oh ! la belle personne, qu’elle a de charme et d’élégance en cueillant ainsi des feuilles de mûrier sur le bord du chemin ! — Sa manche, un peu relevée, laisse apercevoir une main blanche; un bracelet d’or s’enroule autour de son poignet délicat ; l’épingle qui retient ses cheveux est surmontée d’un passereau d’or; sa ceinture est ornée de pierres bleues de forme arrondie, qui se balancent en frémissant. Un collier de perles brillantes entoure son cou, plus poli que le jade, retenu par une agrafe de corail et de pierres de couleur. — Le vent tourmente gracieusement les plis légers de sa robe de soie. On croirait voir üoltcr un de ces nuages qui servent de char aux immortels.

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l.i* voyageur qui passe arrête involontairement son cheval devant elle. »... N’esl-ce pas l’image de eelte jeune fille qui embellit ces décors si délicats, émaillés avec un doux relief de perles jaunes, Ideues, vertes, où des traits lins se croisent et forment comme la plus line dentelle noire?

C’est au Japon que l’on a attribue depuis le dix-huitième siècle ces plats pompeux dans lesquels s'épanouissent de face et distribuées par quartier comme sur une pièce de blason, les pivoines et les chrysanthèmes. Nous disions, il y a quelques pages, que le décor des Persans simulait un jardin vu de profil ; celui des Ja|*>nais simule, au contraire, une plate-bande vue de haut et presque en raccourci : les palissades qui soutiennent les tiges, sont à peine eu perspective penchée; ces grandes traînées bleues qui serpentent, ce sont des ruisseaux et quelquefois des allées sablées de sable de couleur. Le paulavvnia, arbre impérial, s’y répète souvent aussi, Heur ou feuille.

Pour se former une opinion dans celle délicate question de classement et pour sentir les différences d’expression des deux peuples, il faut comparer les albums peints sur papier de riz des Chinois et les albums imprimés en couleur des Jnjtonais. l,es albums des Chinois sont d’un dessin lourd et embarrassé, d’une exécution qui ne fait que légitimer leur réputation proverbiale de patience. Au contraire, ceux des Japonais sont imprimés avec des tons d’une franchise et d’une hardiesse qui laissent bien loin derrière eux notre chromolithographie, huileuse, jaunâtre et terne. Les croquis sont «l’une inépuisable variété : des guerriers coiffés du casque qui porte aux tempes des cornes de cerf, au frontal des antennes de coléoptère; des fenunes 11 nettes, la ligure

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pointe île blanc, avec les sourcils rehaussés de noir et la bouche de carmin, à la chevelure chargée d’épingles de bois laqué, de couronnes de chrysanthèmes cl de papier doré, lisant des vers, fcuillelnnt des albums; puis des tragédies, des débarquements de troupes, des tempêtes, des combats, des incendies, des paysages empourprés par le soleil couchant, des apparitions de divinités au milieu des nuages ou dans lis vapeurs du lac, des assemblées sur la terrasse du palais au son des musiques et des voix... La série la plus curieuse est celle des vingt-huit cahiers de l’illustre Hok-Saï, modèles d'histoire naturelle, scènes familières, caricatures, cours de bâton et de sabre, pèlerinages au volcan sacré Fou-sy, croquis de tout genre qui vont de Watteau pour la gril ce à Daumier jiour l’énergie, de (îoya pour le fantastique à Eugène Delacroix pour le mouvement.

L’incertitude qui règne sur les différences d’origine ne sera pas de longtemps dissipée, car la peinture et la dorure des vases sont, au Japon, un secret qu’il est 11110x111 de révéler aux étrangers. Nous n’avons, pour nous guider, que des déductions générales : le Japonais serait plus artiste et le Chinois [dus fabricant. Il faut remarquer aussi que parmi toutes les pièces qui sont entrées en Europe, on n’en compte qu’un petit nombre qui soient de fabrication absolument sujwricure. Dans la production courante, les céramistes chinois ou japonais se montrent, ou plutôt se montraient avant les rapports commerciaux contemporains avec l’Europe qui sont détestables, se montraient des ouvriers de premier ordre. Puis en tète de chaque série, on rencontre généralement une de ces pièces types que l’on nomme « pièces d’échantillons » et qui semblent le véritable modèle fourni par l'artiste qui dirige

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