‹ Chefs-d'œuvre des arts industrielsChapitre 15 sur 29 · MAUX · texte numérisé non relu

MAUX

martyrs Ananias, Azarias cl Misrael ! Quelles scènes de genre naïves que celle Fuite en Egypte et celle Adoration des Mages, lies deux dernières plaques d mirent le piédestal d’une statuette de la Vierge, en vermeil, offert à Saint-Denis, en 1 359, par l’épouse de Charles le Bel, Jeanne d’Evreux.

Mais la Renaissance arriva, et l’uhinanité, en assistant au réveil de l’Ariliquité, celle Belle au bois donnant, dont le sommeil avait duré treize ou quatorze cents ans, demanda aux beaux-arts industriels d’exprimer avec des moyens nouveaux les formes nouvelles qu’elle concevait de l’ail, de la poésie, de la religion, de la vie. Avec la llenaissauce naquit l’émail des peintres.

Dans le domaine des beaux-arts rien n'éclot brusquement. Chaque fait ou chaque maître qui triomphe a été précédé de tentatives ou d’avant-coureurs dont le destin est d’être oubliés. L’œil autant que l’esprit a besoin de passer par des gradations insensibles avant d’accepter ce qui constitue la pleine doctrine. Entre l’émail champlevé cl l'émail peint, l’intervalle serait inexplicable, si les émaux translucides n’avaient, dèsavant le treizième siècle, — et en même temps que le vitrail se transformait aussi, — habitué le regard à chercher l’agrément de la couleur et à repousser l’austérité hiératique du contour. On les obtenait en mettant sur l'or ou le cuivre, creusés très-peu profondément, une légère couche d'émail transparent. C’est encore ainsi que de nos jours est revêtu le boîtier de certaines montres de femmes. Sous y reviendrons tout à l’heure.

La révolution fut plus profonde. Elle fut provoquée d’une part par le désir de traduire librement les |>orlroils ou les scènes dreo-

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CIIEI'S-liŒUVUK DES Alt T S INDUSTRIELS.

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ralives dont l’Italie avait enseigné à la France les rapides procédés, cl surtout par celte raison d’économie qui est le secret des transformai ions successives de Ions les beaux-arts industriels. L’émail cloisonné avait remplacé les pierres précieuses serties de métal ; la vaisselle émaillée succéda à son tour à la lourde vaisselle d’or et d’argent massif du moyen âge. N’ayant besoin que d’une surface de métal, à la façon du peintre qui n’a besoin que d’une surface de bois, de toile ou de plâtre, elle supprima la valeur intrinsèque et la remplaça par la valeur idéale. La féodalité achevait de succomber. La royauté ruinait plus sûrement ses vassaux en les associant à son luxe qu’en confisquant leurs terres. La société nouvelle était alfoléc de plaisir et avait ramené en croupe, des guerres en Italie, le goût du luxe raffiné et extérieur. L'émail des peintres vint tout à point pour garnir d’aiguières cl de drageoirs les dressoirs et les crédences, orner d’images plus

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rai»» ou**.' aiiiibu.v .. l’kin' tendres les oratoires, répéter sur la face eu"*,” d- *• c‘,,0”', des meubles et des coffrets les médaillons des empereurs romains et les scènes de la mythologie, assouplir de ses Ions tièdes et profonds les bijoux des dames et les épées des gentilshommes. Ce lut toute une révolution dans l'orfèvrerie et la vaisselle, dans le mobilier et dans la parure, cl c'est Limoges qui en fut le foyer.

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