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Ce mouvement, sinon celte invention, d’un procédé auquel, ainsi que nous l’avons dit, avaient conduit les émaux de laisse-taille et translucides, date des premières a nnées du quinzième siècle, et c’est Nardon l’énieaud, peintre-verrier de Limoges, qui semlile en avoir élé‘ le promoteur. I n de ses elirfs-d’ceuvre, commandé sans doute par Itené II de Lorraine et que l’on peut voir au musée de Clunv, est signé et daté « des premiers jours d’avril mil cinq cent trois. » Il y eut après lui plusieurs autres Pénienud qu’il nous faut négliger |mur arriver à Léonard Limosin.
Les premiers émaux connus de Léonard Limosin, qui est le véritable grand maître en cet art, sont datés de 1 532 ; les derniers, qui portent la marque d’une main sénile, sont de 1574. Celle longue carrière vit éclore Lien des chefs-d'œuvre. Il lut p'intre du roi, et l’on sait si, auprès de François P’el de son lils, c’était là une sinécure. Il peignit, pour le llosso qui décorait Fontainebleau, de grandis plaques décoratives que le Primalice lit détruire, mais ce qui nous est parvenu de portraits, de Cryptiques, de grisailles, de figures de saints, de coupes, de plats, portant son glorieux monogramme LL accompagné parfois d’une lleur de lys, est innombrable. Le Louvre expose dans les vitrines de la galerie d'Apollon un portrait de François Pren saint Thomas. Le Henri II parlant pour la chasse, ayant en croupe o madame Diane de Saint-Vallier, duchesse de Valentinois, » est une attribution plus maligne que certaine. La série de ses portraits de rois, de princes, de seigneurs est sans prix, et témoigne autant du génie du peintre que de l’habileté du praticien.
Ce beau profil de Henri II nous a été confié par un amateur de Tours, dont le cabinet est particulièrement riche en émaux.
CIIEFS-lt’tEIlVItE UES .MUS INOUSTUIELS.
M. Roux. Le roi, à la lournure sensuelle el noble à la fois, esl vêtu d’une veste blanelie à jaiis d’or à col montant jusqu'à la collerette plissée, et, par-dessus, d’un vêlement plus large, blanc el doublé d’hermine. On ne distingue pas bien ce que représente le médaillon qui pend à son cou, attaché à une line chaîne d’or. Il lient dans sa main droite une paire de gants de couleur foncée ; une plume blanche ondoie sur son toquel marron ; les cheveux sont courts et la moustache est très-longue. Ce profil, qui s’enlève sur un fond vert, rappelle singulièrement celui de François I", le père de Henri II, quoique le type de satyre couronné soit moins accentué qu’il ne l’est, par exemple, dans le portrait que le Titien nous a laissé de François 1", el surtout dans son buste qui esl dans les salles de la sculpture française de la Renaissance. C'est une haute curiosité historique el complètement inédite jusqu’à ce jour, ainsi, du reste, qu’un grand nombre des objets qu’ont reproduits nos dessinateurs pour ce livre.
l'n juge excellent, M. Léon de Laborde, a ainsi caractérisé la manière de Léonard Limosin, à l’apogée de son talent, vers 1555. « L’effet général est éclatant, clair, harmonieux; il est égayé par des bleus de ciel vifs, par des bleus turquoise, chatoyant sur paillon. Un ton jaune serin employé dans les cheveux lui est particulier, et des carnations rosées, limpides, ajoutent à la surprise séduisante causée par ces émaux qui ont quelque chose du brillant d’un salin changeant. Nul n’a su comme lui se servir de rehauts d'or pour agrémenter ses médaillons ou ses ornements sur fond noir.» Il a beaucoup reproduit les compositions de Raphaël.
la» émaux de Léonard Limosin sont — et c’est justice — les plus recherchés des amateurs. Outre le prix du renseignement
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ftiiuil |iar Léonard Limmiri. — Coltaiioii N. Hum