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historique, outre la dimension des plaques, telles que celles (pii ornent la chapelle de l’église de Chartres, ils nous montrent encore le mobilier du règne des Valois dans sa plus haute splendeur. I.e Louvre possède un damier et lin trictrac, peints en grisaille, qui sont des merveilles de tin i et de distinction. Les cases sont alternativement en vert d’émeraude translucide et en hlanc éhurnéen, et sur celles-ci de petites ligures, imitations cavalières de pierres gravées antiques, croquées en noir avec line élégance incomparable. Quels meubles exquis ! Quels ensembles de décoration, d'habillement, de parures, ils supposent dans la salle du palais où ils s’ouvraient et chez le roi, chez les princesses, chez les courtisans (pii se penchaient sur eux, suivant de IVeil on les coups engagés ou les capricieuses arabesques (pii en circonscrivent la table.
C’est à Pierre Raymond — (pii signa P. Ilexmon, — qu’il faut vraisemblablement reporter la vogue de l'orfèvrerie émaillée, fa* domaine est encore assez intéressant |xmr que nous laissions à Léonard Limosin,qui fut surtout un peintre, les préoccupations du portrait, des scènes religieuses et des commandes de la cour.
Les premières (puvres de Pierre Raymond sont datées de 1004 et les dernières de IÔS4. Il parait avoir été surtout un fabricant, l’inspirateur et le guide d’un nombreux et excellent atelier, car les grands seigneurs de l’Allemagne, de l'Angleterre, de la Hollande, s’approvisionnaient chez lui. Les familles patriciennes Artzl et AVelser, d’Augslwurg, lesTucber, de Nuremberg, possédaient encore na gu ères des services commandés à P. Raymond par leurs ancêtres. Nous citerons particulièrement de lui, au Louvre, une
r.llEFS-It'ŒIvnK II F. S ARTS INIU’STIUF.I.S.
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Miile d'assiettes dp dressoir, exécutées d’après 1rs compositions d’Ktienne llelaulne, les « douze mois île l'année.»
Jean de Court, dil Vigier, appartient à la grande famille de ces de Court nu Courtois, ou Courte)’, qui fournil d'autres Jean et une
COIPE H E FIARÇAILLE* DK MARIE RTUAflT.
f.mail clc Jean Coiirloi». — Musée Je Soullt-Kcii'itiptnn.
Suzanne et descendait d’un peintre- verrier de la Ferté-Bernard. Il signait F. C. D. Y.
Ses émaux sont très-reconnaissables à la finesse et à la netteté
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de l'exécution, un grand charme dans le tondes carnations, une habileté extrême à se servir de la pointe. Le plus charmant spécimen (pie l’on connaisse de. lui est celle jolie coupe ipii tigurait dans In vente Pourtalès et qui fut enlevée par le musée de Kensington au prix élevé mais non |ias énorme de 5Ù,000 francs. Elle était datée 1556. Son triple intérêt (Part, d'histoire et de sentiment eussent dû la faire rester en France. Elle fut offerte par François II à sa belle liancée Marie d'Ecosse. Répété deux fois, l'écu d’or, surmonté de la couronne lleurdelysée de France, éclatait au milieu des grisailles. Sur le couvercle, la chaste Diane victorieuse d’Eros, s’avance sur un char avec la troupe de ses nymphes et ses lévriers; dans la vasque, le Repas des Dieux aux noces de Psyché et de l’Amour, copie libre de la fresque de Raphaël ; quatre su]ierbes bustes en médaillons meublent le dedans du couvercle, et des arabesques du goût le plus pur courent, comme une vigne, sur le socle, du vase, autour du pied et de l’extérieur de la vasque. L’aimable princesse qui s'appela depuis Marie Stuart, emporta-t-elle en Ecosse ce souvenir de l’époux qu’elle avait perdu après dix-huit mois de mariage? Comment ce frêle cadeau de noces avait-il échappé au naufrage du temps et aux révolutions de la mode1 ?
L'art de l'émail des peintres ne survécut pas au seizième siècle. Il péril avec les Valois. Bernard Palissy, dans ses lamentations sur les arts qui s’en vont, cite « ... les boulons d’esmail (qui est une invention tant gentille), lesquels au commencement se ven-
' CVsi sfuliMncnl l<* couvercle «le ce précieux el galanl radeau, vu inTprndirulairemenl, t|ui est reproduit dans noire estampe.
MX CIIKKS-D'flîUVRE DES AIITS INDUSTRIELS, doienl trois francs la douzaine, et ceux qui les inventèrent furent contraints de les donner pour un sol la douzaine. » Puis il ajoute : « As-tu pas veu aussi les esmailleurs de Limoges, lesquels par faute d’avoir tenu leur invention secrète, leur art est devenu si vil tpi’il leur est diflicilc de gaigner leur vie aux prix qu’ils donnent leurs «ouvres. Je m’assure avoir vu donner pour trois sols la-douzaine des figures d'enseigne que l’on pnrloit aux Imnnets, lesquelles enseignes étaient si Lien lalioiirées et leurs émaux si bien parfondus sur le cuivre qu’il n’y avait nulle peinture si plaisante. Kl n’est pas cela seulement advenu une fois, mais plus de cent mil, et non-seulement es dites enseignes, mais aussi des esguièrrs, salières, et toutes autres espèces «le vaisseaux et autres histoires, lesquelles ils se sont ad visés de faire. Chose fort à regretter. » L’enseigne était une plaque ou mt'daillon qui se portait an elia|>eau et «pii «;st devenue la cocarde. Elle marquait d’ordinaire à quelle famille seigneuriale on était lié par des liens «pielconques,et c’est ce «pi'on appelait alors la livrée. Mais la superstition s’en mêlant, les abbayes, les églisi's, les lieux «le pèlerinage vendirent à l’infini les figures «l«*s saints «pii guérissaient toutes les maladies possibles.
L’Enlèvement d’Hélène par Martin Diilier, d’apri-s llaphael serait digne «le nous arrêter ; mais, «lans cette course rapide à travers les lielles périodes de l’art «léeoratif, nous ne jtouvons noter que lis ebefs-d’irnvre et les maîtres. Nous ne nous attarderons donc point , autrement «pie pour citer «les noms qui figurent souvent sur les catalogues de vente ou dans la curiosité courante, ni aux plaques signét-s hll\ «pii sont fort discutables, aux Nouailht'r, aux Iauulin,
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à co ouvriers qui jusqu'au dix-huitième siècle continuèrent à peindre des Vierges aux sept glaives, des Lhrisl bénissant ondes Sainte Thérèse. La ininutiede l'exécution, le précieux de la louche, remportèrent sur toutes les autres conditions d’art, et connue le
l'KSI.t veut ST D'n<Lft\g.
l'Iaqur tonaillétr, par Martin Didier. — Collection de M. Cliarlioniii'l.
lecteur n’attend pas de nous que nous l'arrêtions à hrai|uer la loupe sur des boitiers de montre ou des dessus de tabatières, nous passerons à nos jours après nous être arrêtés cependant à une ligure fort originale à certains égards, celle de Petitot .
CIIKKS-ll’tKUVllE l»tS AI1TS IMJÜSTRIELS.
Jean Pet i loi, a écrit Mariette dans ses noies précieuses sur l’arl cl les artistes de son temps, naquit à (ïenève en I(i07. Son |>ére était sculpteur en bois. Sa profession de metteur en œuvre dans un temps où l’on était fort dans le goût d’enrichir les bijoux d'ornements peints en émail, l’avait mis à portée de peindre avec beaucoup
u' «itou âïio.> in; s kKitctn».
Émail signe K 1 I*. — Collection du Iwron G. «le KoIIimIuM.
de propreté des Heurs, des rinceaux d’ornements et tout ce qui convenait à ce genre de travail . Il passa en Angleterre sous le règne de Charles 1".
Le joallier de ce prince le lit travailler et lui lit exécuter un por-
Irait qu'il (luuna meme comme sien. Mai» vau Dyck ayant voulu voir l’artiste à l’œuvre, il fallut s’exécuter et présenter le jeune Suisse. Le premier portrait que I’etilol lit sous lu direction de van Dyck lui-même, (ut celui du roi. 11 était merveilleux de ressemblance et de (inesse et valut à son auteur d’innombrables commandes. C’est en effet encore aujourd'hui en Angleterre que l'on rencontre le plus de médaillons de Petitot qui, après la mort tragique de son protecteur revint en France. Dans le cours de sa carrière qui (ut très-longue, car il dé|>assa quatre-vingts ans, il peignit maintes fois Louis XIV, la reine mère cl tout ce que la cour comptait d'illustre. P. J. Mariette, qui était un amateur du goitl le plus exercé, possédait de lui le portrait de la («elle comtesse d’Olonne, d'après Mignard, sous la ligure de Diane; cet émail était encadré dans une guirlande ovale de Heurs en relief exécutées par un très-habile orfèvre du temps, Cilles Légaré.
C’est le médecin chimiste Théodore Mayern, Genevois aussi, qui lui avait, à Londres, enseigné la composition de certains émaux opaques dont les tons étaient d’une justesse et d’une fraîcheur reuiarquables. Ce|iendanl beaucoup de médaillons de Petitot sont trop rouges. Beaucoup de ces portraits, portés en broches ou en bracelet, ont été cassés ou rayés irréparablement. Beaucoup d’autres, le croirait-on, ont passé au creuset de l’orfévre parce qu’ils étaient peints sur plaque d’or! Cela rappelle la triste mésaventure de quelques-uns des cuivres de Jacques Callol, le spirituel graveur lorrain : après sa mort, ils furent vendus aux chaudronniers et transformés en casseroles.
Uuelques-uns des portraits peints pur Petitot lie sont guère plus grands qu’une pièce d'argent de cinquante centimes. Fl cependant
CIIEES-ll'tEU VUE DES AHTS IMtUSTIttEES.
la science du dessin et la précision de la louche étaient telles, la physionomie du modèle était si bien conservée et In goût de rajustement si libre, (pic ni l’nril ni l’esprit ne sont blesses de celle extrême réduction. On oublie le Unir de force jwur ne chercher (|ue le caractère intime du personnage et son Icmpéramenl. C’esl la miniature élevée à la bailleur de la jieinlurc d’histoire. I.e Louvre en possède une série intéressante.
Celui deTurcnnc, (pie possède M. I,. Double cl qui orne le dessus d’une IhuIc en or ciselée par l’orfévre de Liais \V|, Malbis de Beaulieu est sans prix. Philippe de Champagne n’a certainement jamais peint plus serré ni plus simple.
Les émaux de Petitot étaient émaillés sur or. C’est en cllel le métal (pii se prête avec le moins de caprices aux passages multipliés dans le fourneau. Aucune oxydation ne se forme à sa surface et ne vient apporter des modifications chimiques. Nous verrons dans le chapitre de l’orfèvrerie quel parti surent en tirer les orfèvres de la Renaissance et surtout ce Milanais Caradossn que Hcuvcuuto Cellini, quoiqu'il ne soit |ioint coutumier du fait de camaraderie, cite avec tant de chaleur.
Le platine vient immédiatement après l’or, et pour les mêmes raisons; mais c’esl un métal terne, assez rare aussi, et |xiur ces causes peu employé. L: fer ou la fonte ont l’inconvénient de se détacher par écailles ou, ce qui est bien plus grave, lorsque la plaque est terminée et qu’elle a même subi l’épreuve du temps, de faire éclater en mille fragments avec le bruit d’une bombe sous l'iulluencc d’un changement subit de température la couverte d’émail.
l-e cuivre a toujours ôté le métal préféré, lorqu’il s'agissait de plaques d’une certaine dimension. On l’emploie en feuilles minces à cause de sa rélraclilité. Mais nous allons décrire l’opération môme de l’émaillage d’une plaque, non pas d’après des traités, mais ainsi qu’un des plus habiles éinailleurs de notre temps, M.CIaudius Popelin, a bien voulu la réjiéter plusieurs fois sous nos yeux
On choisit une plaque assez mince de cuivre très-pur, ap|H'lé « cuivre rosette. » Il laut « l’emboutir, » c’est-à-dire la rendre légèrement concave «l’un côté et convexe de l’autre, pour éviter les plis qu’elle ferait au feu. C’est un travail de repoussé au marteau. A l’aide d’un bain rapide dans l’eau acidulée avec quelques gouttes d’acide sulfurique, on la « décape, » c’est-à-dire que l’on fait tomber cette légère pellicule d’oxyde que la première cuisson avait (ait naître à sa surface. On la ]>o!it alors et on la recouvre, à l’aide d’une spatule, de l’émail, c’est-à-dire de poussière de verre écrasée assez grossièrement et délayée avec un peu d’eau. Ou sèche en appliquant un linge et l’on passe au four. Ici, il nous faut emprunter les principaux détails de la description du four à M. Popelin lui-même. Voir fonctionner un four d’émaillcur, c’est entrer au cœur même de la place. « la: four se compose de trois parties principales, indépendantes cl superposées, qui sont : le laboratoire, le dôme ou cou|iolc et la cheminée. » Le laboratoire A est un vaisseau rectangulaire ayant une ouverture
1 Au moment où parai Iront ces pages, M. Claudius l*n|H.'lin aura sam* doute achevé d'imprimer un livre charmant, qu'il intitule l\4r/ de l'Email des Peintres, et qui, telle et dessins, offre aui amateurs les conseils les plus clairs sous la forme lu plus littéraire.
(IHEKS-h'ÆI VUK UES AIITS INItUSTIIIELS.
semi-circulaire sur In face antérieure ; une perte P, également en terre, et garnie d’une poignée perpendiculaire et saillante ; une tablette horizontale, D, large de quelques centimètres règne en saillie sur toute la largeur du laboratoire et sert pour poser la prie de terre ; au dessous, I, le cendrier, dans lequel une ouverture fermée par un bouchon mobile sert à régler le tirage d’air; une grille de terre, Z, percée comme une écumoire, s’applique, à l’intérieur du lour, immédiatement au-dessus du cendrier, et le moufle, H, se pose lui-mème sur la grille. C’est cette partie qui reçoit le combustible, rapidement enflammé et dévoré par l’action de deux ventouses circulaires qui sont sur les côtés du four. — La cheminée C s’explique d’elle-même. — La couple ou dôme, U, qui renferme le sanctuaire, est simplement une toiture trapézoïdale sans base, prforée au sommet; elle s’applique sur le laboratoire auquel elle ressemble extérieurement, et s’v maintient par juxtaposition. C’est parla porte qu’on introduit le moufle qui lui-mème recevra la plaque d’émail. Quant aux pinces, 5, au ringard, 0, ce sont des instruments d’usage connu ; le « relève-moustaches, » 10, est un fer à pinces plates (pii sert à saisir dans le four les a galettes » 1 et 2, plaques minces en terre réfractaire sur lesquelles ou pse la plaque d’émail.
Iticn n’est surprenant comme de voir, après quelques minutes qu’il est entré dans le four, l’émail rougir, fondre et s’étendre comme un bâton de sucre d’orge. Les anciens se servaient de charbon de bois. On emploie aujourd’hui du coke de bouille. Cela produit une chaleur fort pénible pour le visage, les mains et les yeux de celui qui est forcé de suivre attentivement les phases de l’opération. Les pussièios folles qui voltigent dans cet enfer et