‹ Chefs-d'œuvre des arts industrielsChapitre 18 sur 29 · KM AUX · texte numérisé non relu

KM AUX

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Lorsqu'on retire la plaque, on comprend qu’elle ne fuit plus qu’un avec l’émail, que l’adhérence est parfaite avec le tondant qui avait été étalé dessus. Si elle n’est pas d’une homogénéité parfaite de surlace, on la fait de nouveau passer au four.

Cette première opération de cuisson s’applique généralement au

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« contre-émail, » c’est-à-dire à la couche d'émail qui revêt le revers du plat ou du portrait que l’on exécute. Il est fuit généralement de résidus d'émaux non employés, mais pour les travaux délicats ou soignés ou emploie le «fondant» ou émail incolore, qui laisse voir le Ion chaud du métal. Celle question du contre-émail , fort indifférente eu elle-même, est très-importante au |ioint de vue historique et critique. Elle indique — à défaut bien entendu de signes plus sérieux — certaines époques et aussi certains maitres : ainsi le revers des premiers émaux de peintres, à Limoges, sont jas|>és de brun violacé, assez épais pour empêcher de voir si la plaque est poinçonnée du monogramme, du muitre ou de quelque autre signe ; plus tard res revers furent couverts d’un émail vert glauque très-épais ; plus lard encore, on employa l’émail translucide.

On [susse ensuite au coté sur lequel on doit peindre.

Le Ion du premier dessous est toujours fort sombre : bleu de lapis -lazuli, pourpre de sang de boeuf, jaune d’élytre de hanneton, violet de pétale de pensée. C'est un dessous d’une profondeur de Ion admirable qui laisse entrer le regard comme l’eau d’un lac regardée perpendiculairement et 1e noie sous ses ondes.

C’est sur celte mystérieuse surface polie que l'artiste décalque son dessin. Il laisse tomber avec un pinceau une goutte d’émail opaque, blanc, délayé avec de l’huile d’aspic, et, à l’aide d’une aiguille, il l’étend rapidement et uniformément; ce travail exige une grande prestesse, car l’huile se volatilise rapidement. Voilà le premier dessous qui formera les parties d’ombre dans la ligure que l’émailleur entreprendra, comme dans les porcelaines céladons de Sèvres citées dans le chapitre Céramique. Ü’aulres gouttelettes

ÉMAUX

viendront se superposer à celles-ci aux endroits qui exprimeront les plans lumineux ; puis les reliefs, par exemple sur un profil, le lolie du menton, les joues, les os du nez, les méplats des tempes, le relief dis lèvres, les mèches de cheveux ; la matière étant de plus en plus é pisse, on comprend qu’elle intercepte de plus en plus la transparence et que le fonds finit par disparaître complètement. Les émaux de couleur, toujours de moins en moins fusibles, s’appliquent ensuite, à pu près comme les peintres vénitiens procédaient dans leurs tableaux par demies pâtes et par glacis successifs. L’or est posé au pinceau avec un pu de gomme ailragante.

C’est l’or qui, avec l’argent et le platine, sert de suhjeclile aux émaux de paillon, qui ne sont qu’une sorte de mince vitro psée sur «‘lie lame brillante du métal et qui, n’interceptant pas la lumière, lui communiquent seulement leur ton propre. Ces paillons sont d’un effet décoratif admirable. On dirait ces éclairs rapides que jettent dans un vase en verre de Venise rempli d'eau le ventre des cyprins ou le dos des ablettes. Ils ont quelque chose de plus vibrant, de plus scintillant que les pierres précieuses elles-mêmes : les rubis ou émeraudes ou saphirs, pleins de suffisance de la lenteur et de l’antiquité de leur formation et de la pureté de leurs molécules, ont, en regard des émaux de paillon, une apparence somnolente et impertuhahlement hautaine.

Nous disions à l’instant que toute matière métallique et que le verre lui-même étaient lions pour servir de dessous à l’émnilleur. la Renaissance a employé le cristal avec son goût fin et charmant •le bijou. Elle en a fait un véritable cloisonné et on a baptisé ainsi

:.r»s chefs-d'œuvre des arts industriels.

i>e genre d’orfévrerie, car on l’appliquail , comme le prouve la boîte île miroir rpii fait partie île la collection de madame James de Rothschild, à des objets de petites dimensions. C’était d’une difficulté d’exécution infinie. On gravait en creux les feuilles, les

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oiseaux, las grotesques; on introduisait une feuille d’or mince, tapissant le fond et les bords; puis, dans cette petite cuve dont les parois métalliques débordaient , nn introduisait des pâles cnln-

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