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trois figurines en ronde bosse de bonne grandeur, la Foi, rance et la Charité, correspondant à Irois bas-reliefs circulaires i|iii représentaient sur le pied du calice la Nativité et la Hésurec-
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lion du Chrisl et la Crucifixion de saint Pierre. Ce calice, qu’il ne voulait livrer que conlre payement, lui attira mille avanies.
Nous élaguons de ces Mémoires tout ce qui est Irop personnel ou trop ridicule : les duels, la mort de son frère, le voyage à Naples, les évocations d’ombres dans le Colysée. l u Irait peint son esprit
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brouillon cl échaudé : on lui demande sur une monnaie d’or la figure de la Paix, et il l’exprime par une jeune femme qui lient une torche et incendie les portes du temple de la Guerre !
Mais le pape mourut pendant que Benvcnuto achevait deux médailles, dont l’une porte au revers un Moïse. Il le laissa en hutte aux poursuites de ses ennemis. Jugez par ce seul trait s’il méritait en avoir d’acharnés : <■ L’arquebusier (celui qui avait tué son frère et qu’il lorgnait comme une maîtresse) venait de souper et se tenait sur le seuil de sa porte, l’épcc à la main. Je m'approchai adroitement de lui, avec un grand |ioignard semblable à un couteau de chasse. J’espérais d'un revers lui abattre net la tôle; mais il se retourna si vivement que mon arme l’atteignit seulement à la pointe de l’épaule gauche et lui fracassa l’os. Il se leva, laissa tomber son épée, et, troublé par la douleur, se mit à courir. Je le poursuivis, le rejoignis en quatre pas et levai mon poignard au-dessus de sa tète qu’il inclinait très-bas, de sorte que mon arme s’engagea entre l'os du cou et la nuque si profondément que, malgré tous mes efforts, je ne pus la retirer. Je partis en abandonnant le poignard. » Sa réputation devait être de toutes façons bien véreuse, car on le soupçonna un instant d’élre le fabricant des coins à l’aide desquels de faux monnayeurs empestaient Borne de mauvais argent. Enfin le récit du coup de poignard, net et rapide, duquel il foudroie! son rival l’orfévre l’ompeo, qu’il attend en embuscade, fait frissonner et inspire un dégoût profond. Las mœurs de ce temps sont certainement cruelles et exaspérées, mais d’honnétes et sages figures d'artistes, celles de Léonard de Vinci, de Michel-Ange, dcRaphael, les traversent cl n’ont point les mains teintes du sang de leurs rivaux. Benvcnuto Cellini est un bravo
Bcnvenulo l’orfèvre, cl il lui commanda des monnaies, cnlr’nutrcs un écu, représentant saint Paul et celte légende allégorique, I as clectionii. Mais Bcnvenulo parait s’étre mis fort mal avec le prince Pierre-Paul Farnèsc, auquel le pape portail une affection toute paternelle, et il l’accuse de l’avoir voulu empoisonner.
Bref, il partit pour Venise, et ensuite reçut, à Florence, du duc Alexandre de Médicis, la commande des coins de sa monnaie. Il débuta par une pièced’argcnt de quarante sous, représentant à la lace la tête du duc Alexandre et au revers les figures de saint Corne et de saint Damien. « Je lis, dit-il, de nouveau des coins j»ur les jules. D’un côté je gravai un saint Jean de profil, assis, et tenant un livre à la main. Selon moi, je n’avais rien produit d’aussi beau. Sur le revers étaient les armes du duc Alexandre. Je gravai ensuite pour les dcmi-jules une tète de saint Jean. Ce fut la première tète de face que l’on frappa sur une pièce d’argent si peu épaisse. »
Pendant ce temps, le 15 août, date à laquelle Cellini devait recevoir l'absolution de ses crimes et de ses larcins, arrivait. Il reçut au nom du pape l’invitation de venir purger son dernier homicide. Il partit, laissant à son élève Pierre-Paul, romain, les instructions nécessaires pour la frappe des monnaies; il suivit la procession de la madone en manteau et pourpoint de laflèlas bleu-céleste, et se trouva gracié.
Il travaillait depuis quelque temps à ciseler sur acier le médaillon d’Alexandre de Médicis, dont il avait fait en deux heures le modèle en cire. C’était le moment où ce tyran fut tué par son compagnon de débauches horenzo, et précisément aussi celui où Charlcs-Quint revenait victorieux de son expédition contre Tunis. Un dressa à celui-ci de nombreux et magnifiques arcs de triomphe,
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et il enlra dans liomc avec une |>oni|ie merveilleuse. Le pape avait en sa possession un ofiiee de la Vierge rempli de précieuses miniatures; il comptait l'offrir en présent au monarque espagnol, et il avait chargé Benvenuto d’exécuter pour ce livre une couverture d’or massif, richement ciselée et ornée de pierres précieuses de la valeur de six mille écus.
Le pape Paul ill Farnèse n’était pas aussi généreux que Clément VII, et d’un autre côté l’orfèvre llorentin tenait à se faire bien venir. N’ayant retiré que peu de bénéfice du grand travail qu’on venait de lui confier, il résolut d’aller offrir ses services à François 1*’ . Le roi de France le tenait en grande estime depuis que la médaille d’Atlas lui avait été présentée, après la mort de ce Frédérico Ginori qui l’avait commandée. Benvenuto partit donc de Borne. En passant à Padoue, l’idée lui vint de baiser les mains de messer Bcmbo, qui n’était pas encore cardinal, et il modela en cire sa télé, avec un revers représentant Pégase au milieu d’une guirlande de myrte. Il traversa la Suisse, s’arrêta à Lyon, et an bout de quatre jours repartit pour Paris avec son élève Ascanio.
Il alla tout droit frapper chez le Rosso. Il lui avait autrefois, prétend-il, prêté quelques dizaines d’écus pour vivre et l’avait sauvé de la fureur des élèves de Raphaël dont il décriait les ouvrages. Mais le Rosso le reçut froidement, lui fit entendre qu’on ne songeait en France qu’à la guerre. Vraie ou fausse, cette assertion brouilla le Rosso avec sou terrible compatriote, qui la prit eu fort mauvaise part, le quitta brusquement et s’en alla
loger chez un élève d’Andrea del Sarle, leSquazclla.
Le Rosso n’avait dit que la vérité. Ccllini arrivait au plus mauvais moment. Les finances du royaume, fort obérées par le luxe de
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u; roi de piaffe, étaient absorbées par les apprêts de la guerre qui allait éclater. François I"r lui donna quelques minutes d'audience à Fontainebleau, et le ramena dans sa suite jusqu’à Lyon. I,à Fellini tomba malade, ainsi qu'Ascanio, et à jHîine remis, pris d’une nostalgie noire et d’un dépit rentré, il repartit pour Florence, en traversant le Simplon.
Chemin faisant, il eut avec le cardinal de Ferrarc, qui semble avoir formé dès lors le projet de l'accaparer, de longues conversations. 11 reçut de ce prélat, qui n’était à ce moment que muni d’une abbaye à Lyon, l’argent nécessaire pour confectionner une aiguière et un bassin d’argent que plus tard, à son second voyage, il lit agréer à François 1".
Il salue au |Kissage le duc Hercule d’Este. A Rome, il ouvre boutique et emploie huit ouvriers. Le cardinal de Ferrarc, qui a sans doute parlé de lui à François F’, lui écrit de revenir en France, lorsque brusquement il se trouve arrêté, interrogé et renfermé dans le château Saint-Ange. Il avait alors trente-sept ans. Iles ouvriers venaient, à tort ou à raison, de le dénoncer comme l’auteur du détournement d’une portion de l’or des tiares de Clément VII plus sérieuse qu’il ne l’avait avouée.
Alors commence une épopée d’un romanesque incroyable. Il est, à ce qu’il prétend du moins, réclamé par l’ambassadeur du roi, M. dcMontluc, mais vainement. Il lente, à l’aide des draps de son lit coupés en bandes et noués en corde, une évasion dans laquelle il se brise une jambe. Il se réfugie chez le cardinal Cornaro. Il est bientôt repris et enfermé dans un cachot où il voit juste assez clair, pendant une heure dans la journée, pour lire quelques feuillets delà llible et des chroniques de Giovanni Villani. Il prétend
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qu’un veut l'empoisonner. En réalité, sa santé s’étiole ; la lièvre s’empare de ee cerveau ardent, l’exalte et le fait converser avec le Christ dans des visions miraculeuses. Imaginez-vous ce qui dut se passer dans l’esprit de ee jaguar en cage? Toute cette partie de se» Mémoires atteint souvent à la plus singulière éloquence et vous émeut malgré qu’on en ait contre l’individu.
Enfin le cardinal de Kerrarc saisit un moment favorable, obtient sa grâce du pape et le fait élargir au moment où il touchait peutêtre à la folie. Ceci se passe en 1559.
line fois sorti de prison, l’artiste se remit à la besogne, et tout d’ahord il acheva l’aiguière et le bassin d’argent commencés pour le cardinal de Ferra re. Puis il grava encore pour le cardinal, sur un cachet en creux, deux petits sujets : saint Jean prêchant dans le désert, et saint Ambroise à cheval, chassant à coups de louel les Ariens. Ce fut une nouvelle occasion de lutter contre cet illustre biulizio dont il était si jaloux.
Ce fut alors qu’il fit jtour le même cardinal le modèle de la célèbre salière représentant la Terre et l’Océan, la seule pièce importante authentique qui nous soit parvenue de lui. Voici la de$cri|>lion, inexacte en quelques points, qu’il en avait laissée : « Je plaçai sur une base ovale, longue de près de deux tiers de brasse, deux figures de la dimension de plus d’une [Kilme représentant la Terre et l’Océan, assis et les jambes entrelacées par allusion à ces longs bras de mer qui entrent dans les terres. Hans la main gauche de l’Océan je mis un navire splendidement travaillée! propre à contenir le sel. Le dieu était assis sur quatre chevaux marins et de la main droite tenait son trident. La Terre, sous la forme d’une femme aussi gracieuse et aussi belle que j’avais su l’imaginer,
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avait une main appuyée sur un leinple richement décoré, destiné à recevoir le poivre. Ile l’autre main elle tenait une longue corne d'abondance où j’avais rassemblé tout ce que je connaissais de plus magnitique au monde. Au-dessous de la déesse on voyait tous les beaux animaux que produit la terre, cl au-dessous de l’Océan tous les [«lissons et tous les coquillages que je pus introduire dans un si petit espace. Enfin l’ovale dans son épaisseur était couvert de riches et nombreux ornements. » La description qu’il en donne dans son Truité d'orfèvrerie est moins juste encore. Ce qu’il a négligé de dire, c'est que cet ouvrage de ciselure est en grande partie émaillé : Neptune est assis sur une coquille recouverte d’une draperie bleue semée de Heurs de lis d’or; la housse de l’éléphani sur lequel repose Cybèlc est lleurdeliséc aussi et verte ; aux deux cotés du temple qu’on voit sur notre gravure — exéculccd’après une photographie. — Hercule et l’Abondance sont debout dans des niches surmontées de cartouches aux armes de France et à FF, initiale de François I". I.a salière est fortement vissée sur un socle en ébène où les quatre Heures du jour alternent avec les quatre Vents. I, 'ensemble roule sur de petites roulettes en ivoire à demi engagées sous le socle.
Lorsque après son retour en France avec ses élèves Ascailio et l’aolo, et son installation à coups d’eseopelte dans l’hôtel du l’etil- Nesle, Benvenuto, en 15 15, eut terminé cet objet dont l'ensemble est aussi disgracieux et mal combiné que les détails sont ingénieux et précieusement exécutés, le roi ravi lui lit donner mille éeus d’or vieux et de bon jioids. Vingt-sept ans après, Charles IX, à l’occasion de son mariage avec Elisabeth d’Autriche, lille de Maximilien 11, distribuant à ses hôtes des [présents, l'archiduc Ferdi-
Uuk-c de» Antiques de Vienne; Collection d'Ainlura/.