‹ Chefs-d'œuvre des conteurs françaisChapitre 2 sur 100 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En offrant au public, dans le présent volume, la fleur des contes du bon vieux temps, nous ci oyons devoir lui donner quelques indications historiques sur la littérature spéciale à laquelle nous avotis fait nos emprunts. Cette littérature, très-riche et très-variée, comprend quatre genres de productions qu'on peut classer ainsi :

1° Les poèmes héroïques et chevaleresques, ou chansons de geste * ;

2" Les romans d'aventures, qui se rapprochent par certains côtés des poèmes chevaleresques, et par d'autres de nos romans modernes ;

3* Les romans allégoriques et satiriques ;

* Ce mot geste est pris ici dans l acception de faits, d'actions, d'expioiis. On disait la geste du roi, ta geste de Doon de Mayence, comme on dirait aujouril'hui les actions du roi, de Doon de Mayence. Im geste est évidemment la traduclion féminisée du substantif neutre gesla.

n INTRODUaiW.

4* «Los f.iMiuu.x, lestais, los joyeux i\ù\U elle» contes proproriK'iil diU.

Nousallonsexnmincr rapidement cliacun de ce§div<r» genres'. Ils méritent à tous égards de fixer l'attention, car ce n'est point seulement la simple curiosité littéraire qui les recommande, c'est aussi la philosophie et la science hi-torirpie. On y trouve, sur la dilfusion des croyances et des idées à travers les diverses branches de la grande f.jmille humaine, le^plus précieuses indi^alion^. et les hommes des vieux âges y revivent avec une xérilé beaucoup plus saisissante (|ue dans les chi onKjueâ.

LES POEmES héroïques et CHEVALERESQUES".

Ces poèmes ont pour origine les chanls nationaux qui, sous les deux premières races, se transmettaient

* On a quelquefois compris dans la catéiîoric des conteors les auteurs de^ l'ie^ des savtU; il ne nous semble pas que cette as^i^liJalion soit jusU\ Les légendes pieuses n'ont aucun rapport avec les romans et le contes; elles proviennent d'une tout aulie -ource. leur but est tout différent ; tout autre est aussi la langue dans laquelle elles sont éthles. ^oos les avons donc laissées de côté, comme ap(>arien.'int à une branche de littérature tout à fait à part. En Tait de légendes qni toiK-hent à des traditions on à des croyances religieuses, nous n'avons reproduit que o lies qui ont été écrites en français et dans la forme adoptée par les conteurs.

* On trouvera dans l'Histoire liUhaire de la France, commencée par les bénédictins et continuée par l'Académie des inscriptions, le résumé très-savant et très-exact dos principaux monuments de la littérature che- Taleresijue.

LES PUËMES CHEVALERESQUES. Tii

par la tradition orale en France comme dans le reste de l'Europe. Ces ch:ints étaient tirés des faits histori- ({ues, ce qui n'empêchait pas leurs auteurs de faire une large part aux caprices de l'imagination. Un des ()lus anciens qui soit parvenu jusqu'à nous a trait à la victoire remportée, en 881, par Louis III sur les Normands dans les plaines de Saucourt*, en Picardie, mais il est écrit en langue tudesque. Il faut attendre le onzième siècle pour voir paraître notre idiome national, et notre premier poëme chevaleresque dans la Chanson de RolancU le compagnon d'armes de Charlemagne. Cette chanson, la plus ancienne en date, est aussi la plus parfaite au point de vue de Tinspiration. Un éminent critique, !\1. Vilet, n'a point hésité à lui donner le titre d'épopée. « Cette unité d'action, dit-il, celte courte et simple exposition d'un sujet historique, national et religieux, cette façon grandiose et sérieuse d'évoquer les souvenirs, de traduire les sentiments, d exalter les croyances de tout un peuple, nesonl-ce pas les conditions preiMèies et les fondements même du genre épicjue?» Enfermés d'abord daas un cadre étroit, les poèmes chevaleresques allèrent toujours en se développant. De nouveaux récits vinrent s'ajouter au récit primitif, et

* Nous ne parlons ici que des chants en langage vulgaire, car on en connaît quelques-uns composés en lalin qui sont conlenipunins de Charlemagne. Vuy. Leroux de Lincy, Chants historiques, 1841, in-18, et l'article de M. Vilel. licvue des Deux Mondes, \u\n 1852. — La Chanson de Roland a été publiée par M. Francisque Michel en 1837 ; par M. Génin en I8ô2; par M. Gautier en 1872, avec un savant cornuicniaire. 1 vol. grand in-8*. C'est la meilleure édition qui en ait été faite jusqu'ici-

TM iMIKJlJlCTIOlt.

fornirrcnl, suivant le mot consacré, (J«m branches, parrr- (|u'ils étaient comme des rameaux greffés sur un même tronc, et ces l)ranclies clles-m^mcs formèrent tout un cycle^ parce qu'elles embrassaient, comme dans un cercle, les faits de la vie d'un même personnage ou les cvénomcnls d'une même période. Nous avons eu ain<i le cycle de Charlemaijne; — le cycle des Croisades; — le cycle de la Table ronde; — le cycle des Lorrains.

Dans le cycle poéti(pie et légendaire de Charlemagne, dont la Chanson de Roland marque le point de départ, viennent se grouper autour de F empereur à la barbe fleurie^ tous ceux qui, de près ou de loin, ont été associés à sa fortune, et une foule de personnages réels ou supposés, amis ou ennemis, que les poêles font agir à leur fantaisie, sans s'inquiéter de la vérité hislorique. Ce cycle est le plus nombreux de tous ; il comprend nonseulement la naissance de Charles, sa jeunesse, ses guerres, ses voyages, sa mort, mais même sa résfirrection. Les poèmes dAspremout, — iVOgier le Danois,

— de Fierabras^ — de Gérard de Roussillon*, — de Doon de Nonteuil, — de Beithe aux grands pieds, — de Htion de Bordeaux^ — de Renaud de Mnutauban,

— de Jean de Lauson, — de Désier, d'Yon de Gascogne, eXc,*, en forment les principales branches. Les

• C'est le nom que les poètes du moyen âge (ionnent i Charlemtzne.

* Gérard de HoiL'ssiHon. ihanson de ?este, publiée en provençal el en firançais par Fr. Michel, 1856. 1 vol. in-lS. Bibliotliêque Elzévirienne.

'Voy. l'excelont travail de M Ga>to:i P.iris : Histoire jioétique de Charlemagne. Paris, 18G5, in-8». Qu Iques-uns des divers poëuies de

LE CYCLE DES CROISADES. ix

romans de cette série sont avant tout une glorification de la grande féodalité telle qu'elle s'était constituée sous les premiers Capétiens. C'était du sein de cette féodalité qu'étaient sortis les nouveaux maîtres de la France, et les romanciers, comme les chroniqueurs, ont souvent effacé Cliarlemagne devant les douze pairs, Renaud de Montauban et les autres personnages qu'ils ont choisis comme héros de leurs récits. Le glorieux maître des Francs est éclipsé par ses vassaux ; il est presque toujours rejeté au second rang, et quelquefois même il joue un assez piteux rôle, comme on peut le voir entre autres par les aventures du cheval Bayard, qui met en défaut toutes les ressources de sa puissance et de son génie. Humilier Cliarlemagne et ses descendants, c'était juslilier indirectement l'usurpation capétienne; et les romans du cycle carlovingien suffiraient seuls à montrer quelle a toujours été chez nous la force du fait accompli.

Le cycle des Croisades se rattache aux faits les plus marquants des guerres saintes. Il comprend une dizaine de poëmes dont les principaux sont : la Vieille Matabrwie^ — Elias y — le Chevalier au Cyfjney — la Chanson d'Ant\oche\ — la Chanson de la prise de Jérusalem^

ce cycle sont reproluîts dans les Anciens poètes de la France, publiés 60US la direction de M. Guessard.

* La Chanson d'Antioche, composée au commencement du douzième siècle, par le pèlerin Richard, renouvelée sous le règm^ de Philippe Auguste par Grainilor, de Douai, publiée pour la première fois par Paulin Paris. 1848. 2 vol. petit in-8».

1 i:«TRODL'CTIO!«.

— la Chanson de la mort de Godefioid. A fi«rl Ic^ mn^Mciens et lis chovaiix sarra.sin», ()iii ne sont poiiii élra(i<,'(>rs à la scioncn des sortilèges et qui devancent dans leur course le vol de riiirond»lle, Ich romans de ce cycle suivent d'assez près les traditions lu^loriqucv. Le merveilleux qui s'y rencontre en quelques pages estavant tout cui[)ruulé à l'Orient, et leur plus grand mérite, cVsl d'avoir inspiré le Tasse, car le chanlre d Annide, connue le héros de Cervantes, professait |K)ur le.s livres de chevalerie une admiration très-vive; il en faisait sa lectuie favoiile, et la Jérusalem délivrée est tout entière en «lernie dans la Chanson dWntioche el la Prise de Jérusalem.

Le cycle d'Arthur, ou de la Table ronde i >a oui ce dans l'histoire d'Angleterre*. Arthur, peintevrn ou chef des Bretons insulaires, se défendit avec un grand courage conti'eles Saxons, qui avaient envahi son île. Il leur fit subir une sanglante défaite et fut ensuite battu et tué par eux en 542, sans qu'on ait pu retrouver sun coi/ps. La légende, (]ui s'emparait de tous les grands événements pour les poétiser et les défigurer, Ht pour Arthur ce qu'elle avait fait pour Charlemagnc. Il devint le héros de nombreux poëraes,écrils d'abord en anglais; mais sa naort ayant décidé une foule de ses sujets à

* Yoy. les Romans de la Table ratée et les ComIm de* mnàeiis Bretons, par M. de la Villenianjué. Pari::, 1860. 2 toI. in-S* — el dans U Ecvue de Paris, atril 18i0, VEackatUtur Merlin, par Chaînes Louan* dre.

LE CYCLE DAUTHUR. n

s'expatrier, ils vinrent s'établir dans la Bretagne armoricaine. Les romans anglais se naturalisèrent dans la patrie adoptive des émigrants. Ils fureat traduits et popularisés dans la France de l'Ouest et du Nord. Les trouvères y ajoutèrent de nouvelles branches, et ces branches formèrent un nouveau cycle, qui porte la profonde empreinte de son origine étrangère. Les traditions celtiques s'y mêlent aux traditions orientales, importées par les croisades. On y voit (igurer, comme le dernier représentant de la mythologie celtique, l'enchanteur Merlin, le fils de l'incube, le prophète de la revanche des Bretons, qui unit à la piété d'un moine la galanterie d'un poursuivant d'armes, les instincts sauvages d'un Celte, la puissance surnaturelle d'un sorcier. Morgane, la r^ine du paysd*Avallon, le paradis des fées, sort comme Vénus de l'écume des flots ; maître Rigaudin de Galles, le Vulcain de la chevalerie, forge des armures impénétrables à l'acier le mieux trumpé : le roi Ban, le roi Bor, le roi Loll et le roi Léodagan se disputent la couronne du pays de Galles; les dragons blancs et les dragons roux se livrent sous la terre des combats acharnés (pii font treinl)ler les vieilles tours sur leur base. Lancelot, Ivain, Tristan, Perceforêt, courent les aventures de guerre et d'amour, tandis que d'autres traversent les mers et les montagnes pour rechercher le Siiint-Graal, ce vase trois fois sacré dans lequel le Sauveur avait, dit-on, mangé l'agneau pascal, lorsqu'il célébra la cène avec ses disciples, et que Joseph d'Ari-

m IMi;'JiJLLiiu.N.

matliic avait ponlu dans un vo\a;^'c qu'il fit en Angleterre pour y annoncer l'Ésangik *.

Merlin, Arthur, lc6 chevaliers de la Tahle ronde, tuuf CCS fanlônics évoqués par les bardes Tambricns cl Bretons, se soi>( évanouis devant les clartés du monde moderne, comme les palais féeriques que Morgane bâtissait la nuit avec des gouttes de rosée, et qui s'é?aporaient aux premiers r;iyons du soleil, mais leur souvenir est toujours vivant dans la Bretagne. Les derniers échos de la langue gauloise se sont prolongés à travers les siècles sur cette terre de granit recouverte de chênes, comme l'appelle l'un de ses enfants. Celte veuve celtique n'a point donné sa main dans un hymen adultère aux hommes de race étrangère que le flot de la conquête a poussés sur ses landes hérissées d'ajoncs cl ses grèves orageuses ; elle se souvient des cours plénières de Clarion, du roi Arthur, qui les présidait assis dans un fauteuil de joncs verts, les coudes appuyés sur un coussin

' On ■ donné le nom de Romans de la TabU ronde aax compo^itioai légendaires da cycle d'Arthur, parce qu'on attribuait à ce prince la foodation d'an ordre de cberaierie, dont les meutbres, ch bis parmi i éiil« des preux, siégeaient autour d'une table, qui indiquait par sa forme ronde qu'il n'y avait point entre eaz de préséance, ei qu'ils étaient tooi égaai, comme les rayons d'an cercle. Poaidonius, le philosophe d'Aptmée de Syrie, qui parcoonit la Gaale quelques anoées avant outre ère, nous apprend qu'aux jours de festins et d'apparat, les habitants de cette contrée se réunissaient autour d'une table ronde, el le repas terminé, se liTraient i des joules guerrières. Peut-être faut-il voir dans ce fait i origine de la table chevaleresque d'Arthur ; quoi qu'd en toit de cette supposition, la croyance à la table ronde f'était imposée arec une telle autorité, que les chevaliers nés de l'imagination des conteurs étaient encore regardés au dix-septième siècle conune des personnages histûriques, et fK dee éruditâ publiaient leurs généalogies et leurs blasons.

LE CYCLE DE L'ANlIQLiTE. xiii

de satin rouge. Elle sait où s*élevait la tour où Viviane, la fée des bois, avait enfermé Merlin ; les nains velus et bossus dansent encore la nuit autour de ses j)ierres druidiques, et si vous passez dans la foret de Rennes, dernier débris de la forêt de Brocéliande, on vous montrera la fontaine qui arrosait le perron de Bennanton.

Les romans que nous venons d'indiquer se rattachent à l'histoire générale. Il en est d'autres qui se rattaclienl à l'histoire particulière des fiefs et des provinces. C'est ainsi que la Lorraine nous a donné Hervis de Metz, — Girbert et Gerbier, — Gavin le Loherain^

Aux divers genres ci-dessus énumérés s'ajoutent les poèmes chevaleresques tirés des souvenirs de rantiqnilé. Tels sont ceux à'ÊnéaSy du Siège d'Athènes, du Siège de Troie,, à^ Alexandre le Grand. Les auteurs de ces diverses compositions n*ont interrogé l'histoire grecque ou romaine que pour la travestir de la façon la plus triviale : ils transtoi ment les héros de Virgile et d'Homère en chevaliers errants, et mêlent à leurs exploits réels les aventures les plus absurdes et les merveilles de la féerie. Ainsi dans le curieux roman d* Alexandre^ l'une des productions les plus bizarres de notre vieille littérature, on lit que cet illustre aventurier, voulant savoir ce qui passait au fond de la mer, y descendit dans une grande lanterne éclairée par des lampes, ce

*Voy. dans les Poètes français, publiés par M. Crtpel, 1861, t T» 98 et suiv. la savante étude de M. Mobîi-*

irr inTUOlitJtTIOR.

((iii lui pcrtnil (IVxaniincr en rirtail le» [N-ofondean de l'aiiiinc, à la ^Tandr; surprise des poissons rpii se pressaient cil fuule autour de lui. 11 voulut de m^nne inspecter la voûte du ciel, et, pour :uconi[)lir son voTHge aérien, il nionla d:ms un panier attelé de grilToris; il sivait attaché de la viande au bout d'une lon;;ue perche et tenait celte vinnde au-drssus de la Icte des griffons; ceux-ci, pour la saisir, s'élevaient toujours, jusqu'au moment où ils rencontrèrent enfin le firmament, es[>éce de voûte en verre bien, oij les étoiles étaient attachées comme des clous d'or dans une tapisserie: le héros macédonien put le toucher du doigt, el quand il Teut examiné tout à son aise, il tint la ))erche baissée, elles grifions, pour saiî»ir la viande, redescendirent sur la terre. Les personnages les plus illustres de l'antiquité subissent la même dégradation dans les récitiidu movcn âge. C'est ainsi que Virgile se transforme en une espèce de truand qui «.'evient amoureux de la fille d'un boulanger «!e Caen. Celte fille lui donne un rendez-vous dans sa chambre; il se place 'ans le panier qui sert à monter extérieurement les farines, et quand le panier est arrivé à moitié route, elle en fixe la corde au balcon d'une fenêtre, et laisse le poète se morfondre jusqu'au matin sur sa route aérienne.

Les romans d'Enéas et du Siège de Troie forment dans le cycle de l'anliquilé une branche à part qui se rattache à l'histoire légendaire de nos origines nationales , et qui est comme la préface des Coloniet

LE CYCLE DE L'AMlQriTE. !▼

idamanes, ce livre bizarre où Pierre le Loyer raltaclie aux Troyens la généaloi^ie des rois de France, y compris les i\Iérovinii:iens. Cette |nélendiie liliation a traversé tout le moyen âge. Frédégaire, dans sa Chronique, donne pour aï' ul direct à Clovis, Franciusou Francien, fils de Priam ; Dugobert, dans un de ses diplômes, s'honore de descendre de la même lignée : Dagobertus ex nobilissimo Trojanorum sanguine o/lws; Charles le Chauve invoque la même généalogie ; la fable s'impose jusqu'aux dernières amiéos du seizième siècle, et certains érudits de ce grand siècle, qui ne se montrent guère plus forts sur nos antiquités nationales que les auteurs du roman d'Ênéas, racontent sérieusement (jue les deux noms successivement portés par la ca[)itale de la France tirent leur origine de ce fait mémorable que le berger Paris, le ravisseur d'Hélène, est venu sur les rives de la Seine, après la chute de Troie, prendre pour femme la belle Lutèce.

• La littérature chevaleresque était née, pour ainsi dire, avec la féodalité, elle disparut avec celle-ci*, et, comme le remarque justement Sainte-Beuve, il n'en est rien entré dans la formation définitive de la poésie française; cependant, malgré l'imperfection de la langue, l'absence de goût et de mesure, la continuelle répétition des mêmes aventures, nos vieux romans che-

* Voy. les Épopées françaùe», étude sur l'origine et l'histoire de la liUérature nationale, ^r %. Léon Gautier. Pans, 18G3. 3toI. in-8*.

Excolleat travail qui sera lu avec un grand intérêt.

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val(MP>-(jiif'S rcnf«Tnicnt çà et In ilc grandes lieaulé-, et (|ucl(|iics-uns soiil (Je vcriUibles é)io|)ées nalioiialcs. Il en 8ort un souffle parfois puissant, et Ton y rencontre, en Wu'Ai rJc page5,(ir8 traits >aillant8 de \éritc pittoresque, de gran«les [lensées et de f;rande!t images. Il devait en être ainsi, car les rapsodes français' de la première époque puisaient leurs inspirations aux sources les plus ircondes de la poésie : le patriotisme, Tauiour et la foi.

On nous a souvent reproche de n'avoir point la »éle épique; ce reprocho est juste pour les temps modernes, il ne l*est pas pour le moyen âge, car l'épopée chevaleresque, comme Tart ogival, est d'origine française.

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