‹ Chefs-d'œuvre des conteurs françaisChapitre 36 sur 100 · LE TRÈS-CIIEVALEUREIIX COMTE D'ARTOIS · texte numérisé non relu

LE TRÈS-CIIEVALEUREIIX COMTE D'ARTOIS

penser, dieu scet comment, et compta à son léal serviteur Olivier ce qu'elle avoit exploicilé, et que toules les choses estoient acomplies pour reparier son seigneur, et retroire en sa compaignie comme devant, disant qu'il vendist le mendre de leurs deux chevaulx, et que dedans deux jours elle separtiroit de la ville pour cheminer devers Artois.

Les trois choses impossibles étaient accomplies. De retour dans la ville d'Arras, la comtesse fit savoir à son mari la ruse qu'elleavait employée pour le relever de son serment. Le comte se hâta de revenir en France. Les deux époux, bénis de Dieu et chéris de leurs vassaux, passèrent tranquillement le reste de leurs jours dans le pays d'Artois, et, comme Vhomme aux quarante éciUy ils eurent beaucoup d'enfants.

Ceux de nos lecteurs qui connaissent la charmante comédie de Mademoiselle de Belle-hle, d'Alexandre Dumas seront frappés de l'analogie qui existe entre la pièce moderne et le roman du quinzième siècle. Ya-t-il eu imitation ou rencontre fortuite? et Dumas, comme Molière, a-t-il pris son bien où il le trouvait ? Nous ne saurions le dire, mais s'il y a eu simplement rencontre, il faut convenir que les jeux du hasard sont pour le moins aussi singuliers que les jeux de l'amour.

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